UE - Ukraine : le sommet non souhaité avec Ianoukovitch (novembre 2012)
2013-11-19

Par Kseniya Lazorenko

Kiev, 19 novembre 2012, Ekonomicheskiye Izvestiya (source ODAESS).

«[…] Si des conditions favorables sont créées, le sommet se tiendra début 2013. Notre position n'a pas évolué depuis septembre », a déclaré l'attaché de presse de la représentation de l'UE en Ukraine, David Stulik.

[…] Quelques jours plus tôt, le journal polonais Gazeta Wyborcza diffusait l'annonce du chef de la mission de l'Ukraine auprès de l'UE, Constantin Eliseev, selon laquelle le sommet Ukraine-UE n'aurait pas lieu, puisque les européens « n'ont pas de motifs pour sa tenue ». Faisant remarquer qu'un sommet UE-Russie se tiendrait pour la deuxième fois cette année, il voit comme « un signal assez mauvais » le fait que la date du sommet avec l'Ukraine à Bruxelles ne soit même pas déterminée. […]

Depuis de nombreuses années, les sommets Ukraine-UE se tiennent chaque année : alternativement en Europe et en Ukraine. Le dernier a eu lieu le 19 décembre 2011 à Kiev. Ainsi, cette année, l'organisateur du sommet devrait être la partie européenne. Mais pour ce faire, Bruxelles a émis une série d'exigences qui conditionnent l'organisation de l'événement cette année. La lettre du speaker du haut représentant de l'UE aux Affaires internationales et à la politique de sécurité, Maja Kocijanczicz, souligne à ce sujet que « pour préparer ce sommet annuel, l'UE attend de l'Ukraine des actions concrètes, en particulier dans trois domaines : la tenue d'élections parlementaires, la justice et les réformes ». […]

En dépit du fait que les autorités ukrainiennes ont effectivement réussi à organiser la journée électorale au niveau requis, les émissaires des organisations européennes clés et d'autres pays ont unanimement pointé du doigt un processus électoral assombri par toute une série d'irrégularités. […] Toutefois l'accent a été mis sur le fait que l'ex-Premier ministre, Ioulia Timochenko, et l'ancien ministre de l'Intérieur, Iouri Loutsenko, toujours emprisonnés, n'aient pas été autorisés à participer au processus électoral. De plus, le scandale faisant suite à l'impossibilité d'établir les résultats des élections dans 5 circonscriptions uninominales a également contribué à noircir la réputation déjà suffisamment salie du pouvoir ukrainien.

Rappelons qu'à l'heure actuelle, la question la plus importante pour l'Ukraine est la signature et la ratification de l'Accord d'association et de zone de libre-échange avec l'Europe. Kiev et Bruxelles avaient pourtant annoncé officiellement la fin des négociations sur cet Accord lors du sommet de décembre 2011. Fin mars, le contrat était paraphé. C'est ensuite que le processus s'est enrayé.

Selon les mots du directeur général adjoint du Centre Razoumkov, Valery Tchalovo, l'Ukraine dispose aujourd'hui de peu d'arguments pour rapprocher la date du sommet : « mais le problème n'est pas tant dans la date que dans le contenu : l'Ukraine n'a pratiquement rien de nouveau à apporter lors de ce sommet. […] Si seulement il y avait eu, dans l'un des trois domaines évoqués - justice sélective, tenue d'élections parlementaires transparentes, réelle mise en place de réformes - un quelconque progrès, le sommet aurait pu se tenir relativement vite. […] Les parties doivent aborder le sommet avec la compréhension de ce
que signifie cet Accord d'association. Ce qui n'est pas le cas actuellement. […] Je ne vois pas de possibilité de signature de l'Accord d'association et de zone de libre-échange au moins jusqu'au milieu de l'année prochaine. […]

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