Grigoli Ordjonikidze (1886-1937), homme d'Etat soviétique d'origine géorgienne, dit Sergo
2013-03-11

Il naît en Géorgie en 1886 dans une famille de petits propriétaires terriens, qui l'envoie faire des études de médecine.

La clandestinité et les arrestations



En 1903, il adhère à la fraction bolchévique du Parti ouvrier social-démocrate russe. Il est arrêté pour port d'arme, emprisonné et libéré. Il gagne ensuite l'Allemagne.

En 1907, revenu à Bakou, il rencontre Staline, est arrêté une seconde fois et envoyé en Sibérie.

Il s'évade et participe -fin 1910- à la révolution iranienne, puis rejoint Lénine à Longjumeau, en France, où il suit l'école du Parti communiste.

En 1912, à Prague, il est élu au Comité central du Parti communiste russe.

Il rentre à Saint Pétersbourg, participe à l'action militante clandestine, en liaison avec Staline.

En 1915, il est arrêté à nouveau et exilé en Sibérie une seconde fois.

A l'été 1917, il gagne Petrograd et prend part au coup d'Etat bolchevique d'octobre.

Les années de guerre



Après la paix séparée avec l'Allemagne, il accompagne sur le front Sud l'Armée rouge dans ses combats contre les troupes loyalistes au régime tsariste, puis dans le Sud Caucase.

Ouvertement hostile à Trotski -Commissaire du Peuple à la Guerre- et allié de Staline -Commissaire du Peuple aux Nationalités-, il aurait selon la légende outrepassé le souhait de Lénine (1) et aurait oublié d'informer préalablement Trotski de l'entrée de l'Armée rouge sur le territoire de la Ière République de Géorgie (2), en février 1921.

Selon ses détracteurs, plus « bolchevik russe » que les « bolcheviks russes », il aurait voulu démontrer l'efficacité des Caucasiens (Staline, Mikoïan, lui-même, …) et conforter la position de Staline.

Il met en selle le jeune Beria (3), lors de la répression qui suit.

De 1922 à 1926, il est Premier secrétaire du Parti pour la Transcaucasie (Arménie, Azerbaïdjan et Géorgie). Il n'est guère apprécié de Lénine, et doit son maintien dans les instances dirigeantes du Parti communiste à la maladie et à la mort de ce dernier.

L'ascension politique et le suicide



En 1926, il est nommé suppléant au Politburo (organisme suprême du Parti) et président de la Commission centrale de contrôle. En 1930, il devient titulaire au Politburo. En 1932, il est nomme Commissaire du Peuple à l'Industrie lourde.

Le 18 février 1937, en désaccord avec les purges envisagées par Staline au niveau des cadres de l'industrie, peut-être aussi ébranlé par le peu de soutien de ce dernier après l'arrestation de son frère aîné Papoulia, il se serait suicidé. Selon d'autres versions, il aurait été exécuté afin qu'il ne puisse pas présenter un rapport de dénonciation de la pratique des purges.


Notes

:

(1)En mai 1920, Lénine avait signé un pacte de non-agression avec la Ière République de Géorgie. Certains observateurs estiment qu'il se méfiait de l'image négative sur le plan international qu'une intervention armée aurait déclenchée, d'autres qu'il pensait pouvoir s'entendre avec les sociaux-démocrates géorgiens au pouvoir, les derniers enfin qu'il estimait prématurée toute attaque contre la Géorgie indépendante, la Russie étant exsangue économiquement.

(2) « Sergo » Ordjonikidzé se fit photographier et filmer ostensiblelment lors de l'entrée de l'Armée rouge à Tiflis, afin qu'un Géorgien soit vu délivrant les bolcheviks géorgiens de l'oppression dont ils étaient victimes de la part du gouvernement social-démocrate. Ces prises de vue seront diffusées dans toute la Géorgie à des fins de propagande, mais également à Moscou à des fins de promotion personnelle.

(3) Beria, protégé d'Ordjonikidzé, -bien qu'il s'en défende à titre posthume dans le livre de son fils- accentue cette répression après l'insurrection nationale géorgienne d'août 1924 : 7 000 fusillés et des dizaines de milliers de déportés seront dénombrés.


Voir aussi :

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