Nikita Khroutchev (1894-1971), homme d'Etat soviétique
2013-03-12


Il naît à Kalinovka (Russie) le 15 avril 1894 à proximité de l'actuelle frontière entre la Russie et l'Ukraine, dans une famille de paysans pauvres. Il est berger dès son plus jeune âge : ses études se limitent à quatre années d'école.

En 1908, il rejoint son père à Donetsk et devient apprenti ajusteur : il perd son emploi pour avoir organisé une collecte. Il est ensuite embauché dans une mine, à l'entretien du matériel et devient forgeron qualifié.

Durant la Première guerre mondiale, il échappe à la conscription.

En 1917, il devient membre du soviet de Routchenkovo et en est élu président. En 1919, il est appelé par l'Armée rouge et devient commissaire politique.

Il gravit les échelons de la hiérarchie avec l'aide de Lazare Kaganovitch, chef du Parti communiste en Ukraine. A partir de 1932, il se lie à Staline et défend les Grandes Purges qui conduisent à des milliers d'arrestations. En 1939, il est nommé membre du Politburo (organisme suprême du Parti communiste soviétique) et remplace son mentor.

Durant la Seconde guerre mondiale, il est à nouveau nommé Commissaire politique et assure l'intermédiaire entre Staline et ses généraux, en particulier à Stalingrad.

Fin 1943, il retourne en Ukraine dont le territoire a été dévasté par l'occupation allemande et la guerre : il doit faire face à une pénurie alimentaire et à une insurrection de partisans. Finalement, il échoue dans sa mission et Lazare Kaganovitch est rappelé en mars 1947, pour quelques mois. Nikita Khroutchev retrouve son poste à la tête du Parti communiste d'Ukraine fin 1947, jusqu'en décembre 1949, date à laquelle il rejoint Moscou pour devenir conseiller de Staline (et chef du Parti communiste de la région de Moscou) (1).

En 1953, après la mort de Staline, il apparaît au premier plan : il participe à l'élimination de Beria et devient Premier secrétaire du Parti communiste soviétique. En 1955, il écarte Malenkov avec l'aide de Molotov. En 1956, lors du XXe congrès du Parti, communiste soviétique, il dénonce la politique de Staline dans un discours célèbre.

En 1957, il écarte du pouvoir Boulganine (Président du Conseil des ministres) et prend ses fonctions. Sur le plan intérieur, il engage un certain « desserrement » de l'étau étatique. Sur le plan extérieur, il mise sur les missiles balistiques afin d'assurer la puissance de l'URSS. En 1962, lors de la crise de Cuba, un affrontement direct avec les Etats-Unis est évité de justesse.

En 1964, il est renversé par ses adversaires (dont le « jeune » Léonid Brejnev), prend sa retraite à Moscou et écrit ses mémoires (en partie publiées).

Nikita Kroutchev meurt le 11 septembre 1971 (2).

Notes

:

(1) Certains soviétologues estiment que Staline, dans la paranoïa de ses dernières années, se méfiait de tout le monde, et en particulier de Beria : ce serait pour contrer ce dernier qu'il aurait appelé Khroutchev.

(2) Nikita Khroutchev a eu trois compagnes, Eufrosinia Pisareva (1894-1919) avec qui il a eu Julia (1916-1981) et Léonid (1917-1943), Marusia Khroutcheva, Nina Kukharchuk (1900-1984) avec qui il a eu Serguei¨(1935) et Elena (1937).