"Paroles et encore des paroles que l'Ukraine sème au vent…" (février 2013)
2013-03-14

E-Review Ukrainian Business Press : éditorial février 2013



FMI, BERD, UE… le gouvernement de Yanoukovitch continue à délivrer à qui veut bien encore les entendre ses promesses de bonnes intentions. Le mois de février a été riche en rendez-vous internationaux : mission du FMI ayant pour objectif de signer un nouvel accord de partenariat, sommet UE-Ukraine visant à préparer la signature de l'Accord d'association prévu en novembre, visite du directeur de la BERD visant à renégocier le volume d'investissement en Ukraine. Chacun de ces évènements s'est inlassablement soldé par une déclaration d'intention répondant aux critiques des institutions occidentales.

Tous sont las de mots et veulent des actes. Les refontes des Codes de douanes et fiscaux sont des avancées et sont reconnues comme telles. Pourtant, elles ne sauraient occulter nombre de freins au développement économique et démocratique de la jeune nation ukrainienne. L'illusion du discours ne suffit pas à convaincre, le partenariat des institutions européennes et internationales est maintenant « sous conditions ».

Le FMI travaillera avec l'Ukraine si son système financier est assaini, l'UE - si la justice et la démocratie sont renforcées, et la BERD - si des réformes sont menées afin que le climat des affaires s'améliorent notoirement.

Les enjeux sont considérables pour l'Ukraine. Sans partenariat, l'Ukraine pourra certes se payer le « luxe » de ne pas être en défaut de paiement, mais ceci ne peut pas être une ambition. Il n'y a pas besoin d'être un adepte inconditionnel de Keynes pour penser que les secteurs public et privé ukrainiens ont besoin de financements pour faire germer l'extraordinaire potentiel humain, industriel, agricole, commercial de l'Ukraine.

A l'inverse, sans financement, les équipements, infrastructures, etc. déjà vieux deviendront hors d'usage, asphyxiant une économie toujours chancelante et qui n'a pas eu le temps d'être florissante. Les conséquences d'un tarissement des sources de financement n'attendront pas les générations futures pour se faire ressentir.

Pourquoi, alors, le gouvernement tergiverse-t-il à prendre des mesures de salubrité économique, politique et financière qui seraient, qui plus est, récompensées par des partenaires généreux ?

La première raison que l'on peut avancer est que les réformes réclamées ne sont pas si simples que cela à mettre en œuvre. Le gouvernement a déjà mené à bien plusieurs réformes de fond (retraites, douanes, fiscalité). Il avance, mais pour aller plus vite et plus loin il serait nécessaire d'avoir une volonté politique forte et claire.
C'est la seconde raison : la volonté politique face à l'ampleur de la tâche fait défaut. Tout d'abord, le rapprochement politique est menacé par des sanctions économiques d'un puissant voisin ombrageux : la Russie. Par ailleurs, le parti au pouvoir craint trop d'être évincé par les réactions de la jeune démocratie et préfère s'appuyer sur des mesures populistes pour asseoir son autorité tout en « laissant » à la justice le soin d'éloigner certaines figures de l'opposition. Enfin, les intérêts privés des politiques et de leurs réseaux sont trop confondus avec l'intérêt de la nation pour qu'une action politique strictement indépendante soit menée.

Les prochains mois de l'année devraient être décisifs. Face à une situation financière de plus en plus difficile, le gouvernement aculé pourrait bien faire preuve de fermeté et de volonté. Les mots ne rejoindront alors plus le cortège des promesses oubliées mais constitueront la base saine du développement de l'Ukraine.

Pour conclure, nous citerons l'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Royaume des Pays-Bas en Ukraine, Pieter Jan Walters : « Aujourd'hui, votre pays a toutes les cartes en main, la seule chose qui lui manque encore, c'est la volonté politique. Il faut, enfin, que les mots soient transformés en actes. »

Pour en savoir plus



Consultez la E-Review Ukrainian Business Press de février 2013 :

Paroles, que l'Ukraine sème au vent



-Les aspirations européennes de l'Ukraine ne peuvent être remises en cause
-Encore un peu d'euro-optimisme !
-Acclimatation européenne
-La BERD fustige le climat d'investissement en Ukraine
-Interview de Pieter Jan Walters (ambassadeur des Pays-Bas en Ukraine) : « l'Ukraine doit regarder vers l'avenir »

Economie



-FMI / à la poursuite du donneur
-La demande pour les fruits et légumes cultivés sous serre augmente …
-Intérêt croissant des investisseurs pour la culture des tilles
-Le café réveille de plus en plus d'Ukrainiens

Tendances


-Les « cols noirs » stoppent la production de charbon

Voir : [URL : http://www.odaess-consulting.com/media/5074/e-review_fevrier.pdf]

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Note



Emmanuel de Bettignies est responsable d'Odaessa-Consulting. Téléphone : + 38 06 38 54 69 36. Adresse : Vulitsa Malaya Arnautskaya, Bud 88, Kv 10, 65 007 Odessa, UKRAINA.

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