Football : de quoi la Géorgie est-elle le nom ? (mars 2013)
2013-03-22

Metro, 20 mars 2013, Paris.

Equipe de France - Avant d'affronter l'ogre espagnol mardi prochain, les Bleus vont devoir en découdre avec la Géorgie dès vendredi. Un adversaire de second rang, mais que les hommes de Didier Deschamps auraient tort de prendre à la légère en vue de la qualification au Mondial 2014.

"La cruche ne peut verser que ce qu'elle contient".

Ce proverbe géorgien résume très bien la situation de l'équipe entraînée par Temuri Ketsbaia, et qui affronte les Bleus vendredi.

69e au classement Fifa, la Géorgie n'est pas ce que l'on appelle une grande nation du football mais aura quelques atouts à opposer aux hommes de Didier Deschamps. Tour d'horizon de cette équipe surnommée "les Croisés" (en raison de la croix rouge qui barre le drapeau géorgien), qui avait mené la vie dure à l'Espagne au début des qualifications.

La Géorgie, une équipe difficile à manœuvrer



Les amateurs de rugby reconnaissent à l'école géorgienne sa faculté à produire des joueurs au gabarit impressionnant. Le football, lui, n'a pas suivi ce modèle. L'équipe alignée par Temuri Ketsbaia ne rendra pas beaucoup de centimètres aux Bleus (sauf à Mathieu Valbuena...) mais proposera un vrai défi dans l'envie et l'abnégation à défendre.

Le 11 septembre dernier, l'Espagne, tout juste sacrée championne d'Europe, avait peiné à s'imposer à Tbilissi (1-0). Et ce n'est qu'en toute fin de match que la Roja, grâce à un but de Soldado à la 86e, a pu arracher ses premiers points dans la course à la qualification au Mondial 2014.

"Il faudra trouver des solutions, a d'ailleurs expliqué Didier Deschamps en conférence de presse. Je m'attends à voir une équipe de Géorgie qui va venir pour bien défendre."

Jano Ananidze, le futur crack de la Géorgie



L'équipe de Géorgie version 2012-2013 n'a plus vraiment de star. Levan Kobiashvili (ex-Schalke 04 et désormais joueur du Herta Berlin, en D2 allemande) n'entre plus dans les plans de son sélectionneur, malgré sa grande expérience (35 ans et 100 sélections) et surtout à cause de sa suspension de sept mois et demi, pour avoir frappé un arbitre allemand en mai dernier. Au milieu de terrain, Temuri Ketsbaia a préféré donner sa chance "à de jeunes joueurs, rapides et talentueux".

Parmi eux, Jano Ananidze, que certains annonce déjà comme un des grands espoirs du football européen. A tout juste 20 ans, ce meneur de jeu de poche (1,70 m), très technique, est le plus jeune joueur de l'histoire de la Géorgie a avoir été appelé en équipe nationale (à 17 ans, face à l'Italie en septembre 2009). S'il porte toujours les couleurs du Spartak Moscou, il devrait rapidement découvrir d'autres horizons. L'été dernier, Arsenal, l'AC Milan et la Juventus Turin s'étaient déjà positionnés.

Le football géorgien a bien changé



Sous la houlette du sélectionneur Temuri Ketsbaia (arrivé en 2009), "les Croisés" ont donc fait leur mue en rajeunissant les effectifs. Une politique bien servie par des clubs géorgiens plus performants. L'Umaglesi Liga n'est plus seulement dominée par le Dinamo Tbilissi (comme c'était le cas dans les années 1990) et d'autres formations telles que FC Zestafoni (double champion en titre) ou le FC Olimpi Rustavi sortent régulièrement de bons joueurs appelés ensuite en équipe nationale.

Pour l'instant, ces jeunes Géorgiens continuent de s'expatrier en Ukraine ou en Russie (ce qui explique sans doute la stagnation de l'indice géorgien des clubs UEFA, 42e) mais sont déjà à l'origine du renouveau de la sélection. Ces derniers mois, la Géorgie est passée du 97e rang mondial au 69e. Le terme "examen de passage", employé par Didier Deschamps pour évoquer le match de vendredi, était plus qu'une marque de politesse. Un avertissement, même, adressé aux jeunes joueurs tricolores.


Source :

[URL : http://www.metrofrance.com/sport/equipe-de-france-de-quoi-la-georgie-est-elle-le-nom/mmct!OsVg1jl2nclCU/]
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