La Russie vue par les doctorants de Sciences Po Paris
2013-04-09

A Sciences Po l'intérêt pour la partie orientale du continent européen est presque aussi ancien que l'établissement lui-même, puisqu'Anatole Leroy-Beaulieu - professeur puis directeur à l'Ecole Libre des Sciences Politiques - publia en 1881 un ouvrage intitulé L'Empire des tsars et la Russie, à partir de voyages effectués sur place dès 1872.

Plus tard, durant le second 20e siècle, un cursus spécialisé sur cette région fut fondé en 1969 par Hélène Carrère d'Encausse. Il formait à l'IEP de Paris ce que l'on appelait alors des soviétologues. Puis il s'est transformé en une formation consacrée à l' "Etude comparée de la transition démocratique dans l'Europe post-communiste" (1995), qui devint, sous l'égide de Dominique Colas, la section "Europe post-communiste" du "cycle supérieur d'analyse comparative des aires politiques", et enfin, le programme doctoral Russie-CEI.

Quarante ans d'histoire pour un programme qui connut, entre sa fondation et l'heure actuelle, un double tournant : la chute du mur de Berlin puis la dislocation de l'URSS. Deux événements qui ont donné lieu à diverses explications des changements sociaux, politiques et économiques qu'ils induisaient.

Depuis 1989-1991, les études focalisées sur la transition vers la démocratie de marché et les critères de son accomplissement ont fait place à des approches sensibles à l'historicité des trajectoires suivies par les anciens "pays de l'Est". Ces derniers forment désormais une mosaïque où l'on distingue les PECO (entrés dans l'UE et l'OTAN) des Etats post-soviétiques (l'acronyme CEI étant presque tombé en désuétude).

A l'issue de cette période de bouleversements, les sciences sociales ont trouvé des réponses sur ce qu'il y avait après le communisme : le post-communisme, la désoviétisation...
La dépendance envers la période précédente ne pouvait être ignorée. Mais où en sommes-nous à présent ?

Une partie importante des pays anciennement communistes (hors URSS) fait, en effet, l'objet de travaux en termes d'européanisation (acquis communautaire, codification de la compétition électorale etc.) tandis que les ex-républiques soviétiques sont souvent abordées sous l'angle du nationalisme et des régimes autoritaires.

Serait-ce là l'essentiel du post-post-communisme ? Une fatale alternative sans autre issue ?


Source "doctorants du programme Russie-CEI" de Sciences Po (mars 2013), en préparation à la journée d'étude du 11 juin 2013

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