Pierre-Alexis Kobakhidzé, architecte-urbaniste d'origine géorgienne
2013-11-05

Pierre-Alexis Kobakhidzé naît le 16 mai 1932 de Parmen Kobakhidzé (1) et d'Olga Smirnoff (2), à Paris dans le XVIème arrondissement.

Les études



Après sa scolarité aux lycées Lakanal et Henri IV, il réussit en 1955 le concours d'entrée à l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts. Il entreprend des études -qualifiées de brillantes- au sein de la section Architecture, remporte plusieurs concours et en sort en 1962 diplômé par le gouvernement (D.P.L.G.) avec mention : il ramène le thème de son projet de diplôme de son premier voyage en Géorgie, « les thermes sulfureux de Tbilissi ».

En 1964, il obtient le diplôme de l'Institut d'urbanisme Tony Garnier.

Ses études sont interrompues de 1956 à 1959 par un service militaire obligatoire, effectué en partie en Algérie comme lieutenant du génie : il est ensuite élevé au grade de capitaine de réserve.

L'architecte-urbaniste



En 1964, Pierre-Alexis Kobakhidzé ouvre son cabinet d'architecture qui compte jusqu'à 36 personnes lors de certains projets.

Concours et réalisations se multiplient. Le Figaro, Le Monde, Libération, Le Quotidien de Paris, Les Echos et la presse professionnelle, Le Moniteur, Architecture, s'en font écho.

Parmi ses réalisations, peuvent être entre autres citées,

- le Hameau de Chanteclous à thème écologique à Fontenay-aux-Roses (1969),

- un lotissement à Courchevel (1970),

- l'Eglise Sainte Nino de Paris (1973) à la demande du Père Mélia, avec l'idée d'ouvrir à la vue l'autel selon les anciennes églises géorgiennes,

- le Plan d'urbanisme et le Centre de loisirs d'Amnéville (1974), avec une superstructure en bois lamé et collé (1ère en France), imitant des vagues au sein de la forêt lorraine, une piscine et une patinoire olympiques (mosaïques de Guy Méliava),

- la Mairie de Carnac (1979) dont le dessin retrouve l'âme bretonne (vitraux de Guy Méliava),

- un immeuble de 100 logements de standing au Pecq (1980), qualifié de plus bel immeuble résidentiel de l'Ouest parisien,

- l'Hôtel Cosmos de Moscou pour les Jeux olympiques (1980), aux normes occidentales (en partenariat avec 3 autres architectes),

- le Centre omnisport de Yaoundé (1985), réalisé en partie,

- le Théâtre de la Gaîté Lyrique, à Paris (1987) : réhabilitation en « Planète magique » pour les adolescents,

- l'Hôtel Concorde du Caire (1997), avec 450 chambres de standing et dépendances de loisirs (vitraux de Guy Méliava),

- une résidence pavillonnaire de luxe à Dalian, en Chine (2008), avec valorisation architecturale du chiffre 8 (sacré),

- une résidence de luxe dans le style palladien à Tbilissi (en cours).

Il est également professeur d'architecture de la Ville de Paris de 1969 à 1973.

La géorgianité



En avril 1955, Joseph Kessel écrit dans la revue Vogue :

« Parfois, quand leurs études leur laissent quelque loisir, deux jeunes frères géorgiens, nés à Paris, mais qui ont gardé dans leur sang l'art millénaire et le souffle farouche des danseurs de leur race, bondissent et tournoient dans leurs longues tuniques rouges comme des flammes et comme des démons ».

Il s'agit des frères Kobakhidzé !

En effet, Pierre-Alexis et Georges excellent dans l'art des danses géorgiennes (3).

Présentés par Serge Lifar aux Jeunesses musicales de France (JMF), ils participent durant trois années à des spectacles en Europe et en Afrique du Nord.

Ils sont aussi sollicités pour se produire aux fêtes de la communauté géorgienne, notamment au Cercle militaire Saint Augustin, ainsi qu'à celles des communautés arménienne et russe de France.

Au début des années 1970, les Musigrains (4) s'adressent à Pierre-Alexis Kobakhidzé afin de concevoir la chorégraphie et la mise en scène d'un spectacle de danses traditionnelles géorgiennes. Il forme quarante danseurs issus de l'immigration (5) et confie la partie chorale à Othar Pataridzé. La représentation, d'une durée de deux heures, connait un fort retentissement auprès du public du Théâtre des Champs Elysées à Paris, en particulier auprès des jeunes générations.

Sur le plan personnel, il se marie et a une fille, Salomé.

Les honneurs



Durant les années 1980, lors de sa première visite en France, le Patriarche de l'Eglise apostolique, autocéphale et orthodoxe géorgienne, Ilia II, le décore de l'ordre de Saint Georges (Tetri Guiorgui).

Durant les années 1990, le président Edouard Chévardnadzé le nomme citoyen d'honneur pour services rendus à la Nation.

Durant les années 2000, il acquiert la citoyenneté géorgienne sur décision du président Mikheïl Saakachvili.

Notes



(1) Parmen Kobakhidzé (1891-1967) né en Mingrélie, près de Zougdidi, à Khéta, est le fils de Batou Kobakhidzé et d'Olga Tsomaïa : la famille Kobakhidzé est originaire de la province de Tao-Klardjétie conquise par les Ottomans au XVIe siècle et l'une de ses branches s'est réfugiée en Mingrélie. Formé à l'Académie militaire du génie, Parmen devient officier de l'armée impériale russe. Après la Ière Guerre mondiale sur le front de l'Est, il participe dès les premiers jours aux combats contre l'Armée rouge dans les rangs du commando du général Kornilov, comme commandant du génie des Cosaques du Don. Décoré des ordres de Saint Stanislas, Saint Vladimir et Saint Anne, il émigre à Paris via Gallipoli.

(2) Olga Smirnoff (1902-1989), née à Moscou, est issue d'une famille de boyards russes qui compta le premier soldat de Pierre le Grand. Son père est l'un des assistants de l'ingénieur Bienvenue lors de la construction du métropolitain de Paris : il est fusillé par Bela Kohn lors de la Terreur rouge en Crimée. Elle s'exile à Paris, épouse Parmen Kobakhidzé en 1931, donne naissance à Pierre-Alexis en 1932 et à Georges en 1934.

(3) Dans l'immédiat après-guerre, deux maîtres de ballet, Chota Abachidzé et Sergo Kokhéïdzé, forment à la danse les jeunes de la communauté géorgienne en France.

(4) De 1939 à 1985, les Musigrains, fondés par Germaine Arbeau-Bonnefoy, inventrice des concerts commentés, organisent des tournées en France et à l'étranger, cantonnées habituellement dans le registre classique.

(5) Les costumes traditionnels dessinés par Pierre-Alexis Kobakhidzé sont inspirés des peintures de Grigori Gagarine et confectionnés, notamment, par Catho Alikhanachvili, Colette Homériki et Hélène Barnovi.