Ilia II, patriarche de l'Eglise apostolique, autocéphale et orthodoxe de Géorgie (depuis 1977)
2013-04-12

Elie II

Irakli Goudouchaouri-Chiolachvili naît le 4 janvier 1933 à Vladikavkaz, en Ossétie du Nord, dans une famille géorgienne réputée avoir des liens avec la noblesse.

Les études



Il étudie au séminaire, à Moscou.

En 1957, il est ordonné diacre.

En 1959, il devient hiéromoine (1).

En 1960, il est diplômé de l'Académie ecclésiastique de Moscou.

Prêtre et évêque



Il revient ensuite en Géorgie, à Batoumi, devient prêtre, puis archimandrite (2).

En 1963, il est nommé Évêque de Batoumi et devient en parallèle recteur du Séminaire ecclésiastique de Mtskhéta, seul séminaire de Géorgie à l'époque.

En 1967, il est nommé Évêque de Soukhoumi et d'Abkhazie et élevé au rang de Métropolite (1969).

Patriarche



Le 23 décembre 1977, il est élu Patriarche et Catholicos de l'Eglise apostolique, autocéphale et orthodoxe de Géorgie (3) et prend le nom d'Ilia II (Elie II).

Il s'implique dans les affaires sociales du pays.

De 1978 à 1983, il est co-président du Conseil oecuménique des Eglises, à Genève, qui réunit toutes les Eglises chrétiennes à l'exception de l'Eglise catholique romaine.

En 9 avril 1989, à Tbilissi, il intervient vainement lors d'une manifestation d'opposition afin d'éviter un bain de sang.

Au début des années 1990, durant la guerre civile, il exhorte les différentes parties à trouver des solutions pacifiques.

Ses rapports avec le président Mikheïl Saakachvili sont ambigus : il s'oppose à la reconnaissance d'autres Eglises par l'Etat géorgien (4). Il va même jusqu'à souhaiter publiquement le rétablissement d'une monarchie constitutionnelle.

En août 2008, durant la guerrre russo-géorgienne, il se déplace dans la ville de Gori, auprès de la population touchée par les combats.

Afin d'encourager la natalité, Ilia II prend la décision de baptiser personnellement tout troisième enfant d'une famille géorgienne, et procède annuellement à des baptêmes collectifs.

En décembre 2008, alors que les relations entre la Géorgie et la Russie sont coupées, il se rend à Moscou où il rencontre le Patriarche russe Alexis II et le président russe Dmitri Medvedev (5).

Afin de consolider l'Eglise de Géorgie, il entreprend l'ouverture de paroisses "hors frontières géorgiennes", sous sa juridiction, échappant au pouvoir orthodoxe local (6).

Lors des élections législatives d'octobre 2012, durant lesquelles le président Saakachvili perd sa majorité parlementaire, l'Eglise de Géorgie ne prend pas officiellement parti. Pourtant nombre d'observateurs estiment que le clergé géorgien a pris position en faveur des candidats de la coalition de Bidzina Ivanishvili, "Le Rêve géorgien".

Tout au long de son Patriarcat, Ilia II a contribué à faire évoluer le modèle de relation entre l'Eglise orthodoxe de Géorgie et l'Etat géorgien, modèle qui est loin d'avoir acquis sa maturité (7).

Notes



(1) Le hiéromoine est un moine préalablement ordonné prêtre (religion orthodoxe).

(2) Le titre d'archimandrite est un titre honorifique pour un prêtre, accordé pour les recteurs d'une paroisse importante (religion orthodoxe).

(3)

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(4) Le décret présidentiel est néanmoins publié : l'Etat géorgien, tout en conservant à l'Eglise orthodoxe son rôle privilégié, permet aux Eglises historiquement présentes sur le territoire géorgien d'avoir une existence légale.

(5) Malgré les tensions entre la Géorgie et la Russie, Élie II a toujours eu de bons rapports avec l'Église de Ruusie. Il rencontre non seulement Dmitri Medvedev, mais également Vladimir Poutine, lors de la remise d'une décoration par l'Eglise orthodoxe de Russie.

(6) Selon le droit canon orthodoxe, l'Eglise de Géorgie est habilitée sur le territoire géorgien. Hors territoire géorgien, les paroisses orthodoxes doivent dépendre du pouvoir orthodoxe local, lui-même dépendant du Patriarcat orthodoxe de Constantinople. Devant l'affaiblissement du Patriarcat orthodoxe de Constantinople, qui dispose d'une primauté d'honneur sur les autres patriarcats, les Patriarcats de Russie, de Serbie et de Géorgie outrepassent depuis plusieurs années cette règle canonique. Ainsi parallèlement à la paroisse orthodoxe Sainte-Nino de Paris (rattachée à l'assemblée des Evêques orthodoxe de France), Ilia II a personnellement consacré l'église et la paroisse orthodoxe géorgienne de Villeneuve-Saint-Georges qui lui est directement rattachée.

(7)

[URL : 3561]

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Voir aussi



- [URL : 2845]

- [URL : 3536].