L'économie ukrainienne en passe de se moderniser (avril 2013)
2013-09-16

E-review Ukrainian Business Press : éditorial avril 2013



Pendant les premières années de la présidence de Yanoukovitch, les gouvernements successifs ont principalement tenté de préserver l'Ukraine, ébranlée par la crise, des menaces qui pesaient sur elles. A force de bras de fer avec la Russie, de promesses distribuées à l'UE et d'un contrôle budgétaire strict, le gouvernement a su asseoir l'indépendance financière, économique et politique de l'Ukraine tout en préservant un équilibre entre ses partenariats orientaux et occidentaux.

Les élections législatives d'octobre ont marqué le lancement d'un second cycle dans le quinquennat de Victor Yanoukovitch. Le temps n'est plus à la consolidation et au renforcement mais à la modernisation et au développement de l'économie.

Pierre d'achoppement de cette deuxième phase législative : l'amélioration d'un climat des affaires décrié par la communauté internationale et nationale. L'objectif fixé par le Président est clair : l'Ukraine doit gagner une cinquantaine de places au classement Doing Business de la Banque mondiale dès 2013. Pour cela, le gouvernement doit combattre les trois principaux maux qui affectent le milieux des affaires en Ukraine : corruption, bureaucratie et faiblesse de la protection des investissements.

Les ambitions présidentielles ne seront sans doute pas atteintes, mais déjà les efforts du gouvernement sont salués par la Banque mondiale qui classe l'Ukraine parmi les nations engageant le plus de réformes de modernisation de son économie.

A titre d'exemple, en ayant un recours de plus en plus systématique à l'outil informatique pour les procédures administratives, le gouvernement souhaite, d'une part, alléger et faciliter les procédures et, d'autre part, les centraliser afin de dématérialiser le lien entre le fonctionnaire et l'entreprise, coupant ainsi l'herbe sous le pied du préposé trop sourcilleux et de l'entrepreneur trop laxiste.

Par ailleurs, le gouvernement lance un plan visant à combattre l'économie souterraine qui représente près de 30% du PIB. Ce plan est basé pour moitié sur des mesures coercitives (par le renforcement des sanctions et la limitation des flux d'argent liquide), et sur des mesures incitatives par des baisses d'impôts. Ainsi, les contributions sociales, la TVA, les impôts sur le revenus seront abaissés, le gouvernement pariant sur un élargissement de la base d'imposition, liée à la légalisation des activités souterraines, pour compenser ce manque à gagner.
Ce plan aussi ambitieux que risqué, devrait réduire la part de l'ombre de l'économie mais aussi dynamiser la demande intérieure et attirer les investisseurs étrangers.

Toutes ces avancées ne sauraient néanmoins être pleinement efficaces sans investissements nationaux, publics et privés.

Certes, les finances de l'État sont relativement saines, mais les besoins de modernisation des infrastructures, du secteur énergétique, de soutien aux secteurs stratégiques sont tels que l'on peut s'interroger sur la pertinence d'une stratégie sans FMI. Si l'État ukrainien est en mesure de se financer sur les marchés internationaux, les taux pratiqués sont élevés et bien au delà des prévisions de croissance attendues. Cette politique de sous-financement à taux élevés n'est pas sans poser des questions sur l'avenir de l'Ukraine et de ses infrastructures.

Plus critique encore est la situation de l'accès au crédit des entrepreneurs privés. Les taux pratiqués par les banques sont prohibitifs par rapport aux gains espérés. Seules quelques secteurs ayant des taux de marge élevés peuvent se permettre de se financer auprès des banques.

Faute de financement, l'Ukraine qui a pourtant vocation à être l'usine de l'Europe verra son outil industriel déjà vétuste partir en pièces détachées. A cet égard, le gouvernement ne devrait pas se contenter de garanties d'État, ou d'autres solutions d'appoint, mais doit engager une réforme du système bancaire avec le soutien de la Banque nationale d'Ukraine.

Ainsi, le gouvernement ukrainien est en train de mettre en ordre de marche son économie afin de surfer sur la reprise de l'économie mondiale attendue pour 2014. Pourtant, si elle ne veut pas voir passer la vague, elle
devra d'ici là résoudre l'épineuse question du financement du secteur privé.


Pour en savoir plus



Consultez la E-Review Ukrainian Business Press d'avril 2013 :

[URL : http://www.odaess-consulting.com/media/5101/e-review_avril.pdf]

- Trois scénarios possibles pour l'Ukraine : page 4
- Le déficit de réformes « justes » : age 6
- Miser sur l'investisseur : page 6
- Note de 16/20 pour l'action économique du gouvernement : page 8
- Pas de justification à l'inefficacité : page 10
- Kharkiv, Lviv et Donetsk ont dépassé Kiev : page 11
- Moissons à prix d'or : page 12
- Le marché des apothicaires : page 14
- Un nouveau tunnel sous les Carpathes : page 15
- Les livres - ces nouveaux ambassadeurs de l'Ukraine : page 16
- L'expansion littéraire : version ukrainienne : page 17
- Dnipro à vélo : page 18.

Note



Emmanuel de Bettignies est responsable d'Odaessa-Consulting. Téléphone : + 38 06 38 54 69 36. Adresse : Vulitsa Malaya Arnautskaya, Bud 88, Kv 10, 65 007 Odessa, UKRAINA.

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