L'expansion littéraire : version ukrainienne. Bilan du Salon du Livre de Paris (avril 2013)
2013-11-19

Par Nelia Varverchak

Kiev, 11.04.13, Dien (Source Odaess).

Le printemps est la saison traditionnelle des salons du livre. La Foire du Livre de Leipzig [...] est un événement déterminant pour la vie littéraire. La délégation ukrainienne est revenue il y a peu de temps de son premier « débarquement littéraire » à Paris. « Dien » a recueilli les sentiments à chaud de Nikolai Kravtchenko, président de l'ONG « l'espace des livres », sur l'atmosphère régnant à la Mecque du livre et sur la présence de notre pays dans cet environnement littéraire international.

- Comment était représentée l'Ukraine au Salon du Livre de Paris ?

- Il y a eu de vraies évolutions en termes de qualité de la représentation de l'Ukraine. Cette année, en effet, la délégation ukrainienne s'est rendue aux trois foires spécialisées les plus prestigieuses : Leipzig, Paris et Boulogne. Si l'on parle plus spécifiquement de l'événement qui s'est déroulé dans la capitale française, cette année, contrairement aux précédentes,
nous avons été pleinement impliqués dans le processus d'exposition, [...] avec notre propre stand et notre propre programme [...]. Un facteur de succès très important aussi a été l'initiative de l'Institut français qui a lancé sur son stand des tables rondes consacrées à l'Ukraine. Le marché de l'édition en France est d'envergure considérable : ce sont plus de 80
millions de lecteurs. Les Français s'intéressent à tout ce qui se publie ailleurs et l'État soutient cette démarche. Le fait que l'Ukraine ait fait un pas dans cet environnement. Atteindre un tel niveau pour l'Ukraine est un grand pas en avant. [...] Soit dit en passant, le
passage du président français François Hollande sur notre stand a été remarqué, tout comme l'absence de représentants de l'ambassade d'Ukraine... [...]

- Si l'on regarde la situation en Ukraine, on constate qu'il y a de nouveaux ouvrages, que l'assortiment des librairies s'enrichit, néanmoins les livres demeurent, en grande partie à cause du prix, inaccessibles pour les lecteurs. Qu'est-ce que vous en pensez, est-ce juste une question de vacances fiscales ?

- Le gouvernement délivre des avantages fiscaux conséquents aux éditeurs nationaux, mais le défaut vient du système de distribution des livres. Le fait est que la majorité des réseaux nationaux sont détenus par des russes. Pourquoi iraient-ils promouvoir les livres ukrainiens ? Ils forment donc une marge extraordinaire de - 200-300% - afin de lisser les prix avec ceux
de la production russe. En outre, 24 pays, menés par la France, ont décidé de solutionner ce problème de façon simple en mettant en place un prix fixe pour chaque livre. Les distributeurs vivent alors des remises qui leur sont offertes par les éditeurs. C'est la raison
pour laquelle les Français lisent tellement, au point qu'il nous est même difficile de l'imaginer.

- En France, il y a par exemple des cafés littéraires et de très grandes librairies qui travaillent du matin jusque tard le soir. Dans ces lieux se tiennent régulièrement des rencontres où auteurs et lecteurs partagent leurs impressions sans discontinu. L'Ukraine aspire-t-elle à de tels projets ? [...]

- Ceci est principalement un problème d'information. [...] Quand il y a un événement public important, on demande aux écrivains leur point de vue. Notre intérêt pour la littérature est artificiellement abaissé dans les mass-médias. Et c'est un problème de société.

[...] J'ai écrit sur ma page d'un réseau social : « J'ai eu un véritable choc culturel lorsque, le dernier jour du Salon, des bibliothécaires d'une prison du Sud de la France m'ont abordé avec une question simple : «nous avons deux citoyens ukrainiens dans notre établissement pénitencier. Nous devons veiller à leur développement culturel, de sorte que notre bibliothèque devrait proposer au moins 5 livres de la littérature ukrainienne. Pourriez-vous nous conseiller ?».

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