5ème anniversaire de la guerre russo-géorgienne d'août 2008 : déclaration du ministère géorgien des Affaires étrangères
2013-12-11

Déclaration du Ministère des Affaires étrangères de la Géorgie à l'occasion du cinquième anniversaire de la guerre du mois d'août 2008 entre la Russie et la Géorgie.

Cinq ans après l'incursion de la Russie sur le territoire souverain de la Géorgie et de son agression militaire de grande envergure contre l'Etat indépendant le 7 Août 2008, les forces armées russes continuent l'occupation effective de 20% du territoire de la Géorgie, en flagrante violation des principes fondamentaux du droit international, et priver des centaines de milliers de victimes de plusieurs vagues de nettoyage ethnique, y compris celui de l'été 2008, de leur droit internationalement reconnu à la sécurité, d'un retour digne et volontaire à leurs foyers. La Russie a déployé tous ces efforts persistants pour obtenir la reconnaissance des Régions géorgiennes, occupées sous son contrôle effectif et assurer sa forte présence militaire, notamment grâce à l'application active des moyens politiques, militaires et économiques.

Jusqu'à présent, la Fédération de la Russie continue à bafouer ses obligations en vertu de l'Accord de paix en six points négocié par l'UE et signé par la Géorgie et la Russie le 12 Août 2008. Au lieu de retirer ses forces à leurs positions antérieures aux hostilités, comme il était stipulé dans l'Accord de paix, la Fédération de Russie a renforcé de façon exponentielle ses bases militaires, déployées illégalement dans les régions occupées de la Géorgie, à travers de l'installation de l'équipement offensif lourd et en augmentant le nombre de ses militaires.

Contrairement aux dispositions de l'Accord de Cessez-le feu du 12 Août 2008 la Fédération de la Russie s'oppose ouvertement au rétablissement des mécanismes internationaux de la sécurité et la stabilité sur les territoires occupés se trouvant sous son contrôle effectif et continue à bloquer l'accès humanitaire à l'intérieur.

Malgré l'agression de la Russie en Août 2008 et sa politique destructrice persistante dirigée contre l'indépendance de l'Etat Géorgien, le gouvernement de la Géorgie cherche une normalisation progressive des relations avec la Fédération de Russie, fondée sur le principe de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Géorgie à l'intérieur de ses frontières internationalement reconnues.

Dans un objectif de créer des conditions propices à la désescalade des tensions avec Moscou, la Géorgie a entrepris un certain nombre d'initiatives importantes:
- Tbilissi a pris un engagement juridique unilatéral de ne pas recourir à la force pour résoudre le conflit,
- Elle a levé les obstacles à l'adhésion de la Russie à l'OMC,
- Ella a unilatéralement supprimé le système des visas pour les citoyens de la Fédération de Russie,
- La Géorgie a refusé de boycotter les Jeux olympiques 2014 de Sotchi et a exprimé sa volonté affichée de coopération pour assurer la sécurité de ces Jeux Olympiques ;
-Elle a nommé le Représentant Spécial pour les relations avec la Fédération de la Russie, réaffirmant sa volonté politique de reprendre le commerce, l'économie, les relations humanitaires et culturelles avec la Russie.

Toutefois, malgré une certaine dynamique positive dans les domaines de la vie économique et coopération humanitaire, malheureusement, Moscou a encore intensifié, ses derniers temps, sa politique visant à déstabiliser la Géorgie. La partie russe a réactivé le processus de installation des barbelés et des digues sur la ligne d'occupation dans les Régions de Tskhinvali et d'Abkhazie ce qui est en parfaite violation du droit international public et représente une entrave sérieux aux droits de l'homme. L'expansion de la zone d'occupation à travers l'installation de clôtures sur le territoire de la Géorgie viole nettement la souveraineté de la Géorgie, ainsi que son intégrité territoriale et le principe de l'inviolabilité des ses frontières internationalement reconnues. De surcroît cette démarche de la Russie viole d'une manière flagrante les dispositions de l'accord de cessez-le-feu du 12 août.

En outre, la Russie, une puissance occupante, exerçant un contrôle effectif sur 2 régions de la Géorgie : l'Abkhazie et de Tskhinvali, n'assume pas sa responsabilité en vertu du droit international, de respecter le droits et libertés fondamentaux de la population résidant sur les territoires occupés.

Le jour de ce 5ème anniversaire de la guerre de 2008 entre la Russie et la Géorgie, le gouvernement géorgien réaffirme son objectif de résoudre le conflit existant avec la Russie dans un cadre paisible par la voie des négociations fondées sur les principes du droit international.

La Géorgie maintient une position constructive dans le cadre des discussions de Genève. Malheureusement, la Russie a intensifié sa stratégie visant à saper les discussions internationales de Genève ce qui menacent davantage la mise en œuvre des dispositions de l'Accord de cessez le feu du 12 Août 2008.

La Géorgie apprécie le format des discussions internationales de Genève et en présence et coopération active des co-présidents - l'UE, de l'ONU et de l'OSCE elle est engagée à faire avancer un travail considérable sur la réalisation des deux principaux objectifs de ce Forum important - d'élaborer des dispositions de sécurité internationale et d'assurer la sécurité et le retour digne des personnes déplacées.
Géorgie s'efforce de rétablir la confiance entre les personnes séparées par la guerre, de réengager les efforts communs et de rétablir des relations au jour le jour. En tendant la main de la réconciliation aux compatriotes Abkhazes et Ossètes, l'objectif est de leur offrir les possibilités de développement économique et social et permettre aux communautés divisées par la ligne d'occupation à mettre de côté les désaccords du passé et construire ensemble l'avenir commun.

La Géorgie est reconnaissante à ses partenaires, qui n'ont pas laissé le pays seul, ni pendant la Guerre d'août 2008 ni après, en face du défi existentiel pour sa sécurité et stabilité. La Géorgie apprécie les efforts diplomatiques des Alliés, qui ont aidé à arrêter et dissuader la nouvelle agression des troupes russes et a fourni une aide considérable au Gouvernement géorgien pour le rétablissement de la stabilité économique et la réparation de dégâts de l'infrastructure.

La Géorgie est particulièrement reconnaissante à l'Union européenne et à ses Etats membres qui ont dépêché peu après la fin des hostilités une Mission de surveillance de l'Union européenne - le seule viable mécanisme international jusqu'à ce jour sur le territoire de la Géorgie et l'essentiel garant de sa sécurité et sa stabilité.

Le Gouvernement géorgien estime que la construction de l'Etat indépendant et démocratique est le moyen le plus efficace et certaine pour construire un avenir prospère et pour réunifier la Géorgie.

Afin de mettre en œuvre cette vision, nous avons besoin de partenariats étroits avec les pays de la région, avec les membres de la famille euro-atlantique et avec les organisations internationales.

De son côté, la Géorgie reste déterminé à jouer un rôle actif dans le renforcement de la sécurité internationale dans la région et du reste du monde.
Malgré les sérieux défis existants, la Géorgie se détermine sur sa voie vers l'intégration européenne et euro-atlantique et ne ménage pas ses efforts pour réaliser l'aspiration du peuple géorgien. L'évolution récente des relations entre l'UE et la Géorgie permet à la Géorgie de regarder avec confiance vers l'avenir. L'intégration dans la famille européenne aidera non seulement à la réalisation réussie de projets nationaux de la Géorgie, mais engagera résolument le pays parmi les nations libres et démocratiques du monde.

Tbilissi, 7 Août 2013

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