Ukraine : "Face aux problèmes de financement, des promesses de garantie" (juin 2013)
2013-09-16

E-review Ukrainian Business Press : éditorial juin 2013




L'Ukraine offre de vraies perspectives de développement et de nombreuses opportunités, mais les moyens
financiers lui manquent. Secteur privé ou secteur public, les sources de financement sont trop rares et trop chères. Il en résulte que seuls les besoins en trésorerie et le financement de projets limités ayant un court retour sur investissement trouvent des créanciers.

Si cette situation devait perdurer, les conséquences à moyen et long termes seraient lourdes : disparition du
parc industriel, délabrement des infrastructures, etc.
Face à cette problématique et conscient de la limite des ressources budgétaires de l'État susceptibles de
soutenir l'économie par des investissements en capital, le gouvernement ukrainien à fait le pari de lancer un
programme de garanties d'État.

L'objectif de ce programme est de dynamiser le marché du crédit, atone, alors même que l'épargne dans les
banques ne cesse d'augmenter. En garantissant les emprunts, l'État souhaite faciliter à moindre coût l'accès au crédit à des emprunteurs jugés à risque par les banques. Le nombre d'emprunteurs solvables
augmentant, l'État s'attend à ce que les portefeuilles de prêts des banques augmentent.

Sachant que les garanties ne lèvent que partiellement le problème du coût du financement, le gouvernement
prévoit des aides (pour les secteurs prioritaires) sous la forme de remboursement total ou partiel des intérêts
d'emprunt voir même des emprunts eux-mêmes.

Cependant, les sommes allouées pour ces aides directes sont très faibles par rapport aux besoins : 260
millions d'euros en 2013. Par ailleurs, on peut s'interroger sur la pertinence de garantir des clients ou projets considérés comme non solvables par les banques. De fait, le budget de 260 millions d'euros dédié à l'aide directe, risque d'être englouti par des mauvais payeurs qui nécessiteront l'exécution de la garantie d'État.

Par ailleurs, les conditions d'allocations de ces 5 milliards d'euros de garanties d'État en 2013 (et
presqu'autant en 2014) posent question. Définie de façon évasive, l'éligibilité de tel ou tel projet risque d'être la source de processus lents, complexes, opaques laissant la porte ouverte à différentes formes de malversations et laissant planer des doutes sur la faisabilité du calendrier d'exécution.

Les conséquences directes sur l'économie et le marché du crédit devraient donc être limitées. Pourtant, si
cet outil est utilisé pour développer les partenariats publics-privés, alors le gouvernement aura fait un grand
pas en avant. Bien que cette source de financement d'infrastructures soit privilégiée en Europe et dans
beaucoup de régions du monde, aucun partenariat public-privé n'a jamais vu le jour en Ukraine. La faute au
manque de volonté politique, à la corruption mais aussi au manque de garanties données par l'État
ukrainien.

En levant ce dernier obstacle, le gouvernement ouvre la voie à un nouveau moyen de financement dont il
aurait tort de se priver. Les partenariats publics-privés, forme beaucoup plus aboutie de la garantie d'État permettraient de solutionner, au moins en partie, la question épineuse de l'entretien et de la modernisation
des infrastructures.

Il reste donc à espérer que, face à des problèmes réels, les promesses politiques ne se transforment pas
juste en promesses de garanties et que le gouvernement ukrainien aura la volonté de lancer un programme
de partenariats publics-privés dans les mois qui viennent, tout en continuant à explorer d'autres hypothèses de financement, avec le FMI notamment.


Pour en savoir plus




Consultez la E-Review Ukrainian Business Press de juin 2013 :

[URL : http://www.odaess-consulting.com/media/5164/e-review_juin.pdf]


- "Nous garantissons la non-ingérence dans les affaires des entreprises" : page 4
- Le Conseil des ministres ne réussit pas à faire face à la crise : page 5
- Faible départ ^pour les garanties d'Etat : page 6
- Conclusions d'un dialogue franc entre les entreprises et le gouvernement : page 8
- Sur les pas de Khrouchtchev : page 9
- Vers une infrastructure routière de meilleure qualité ? : page 10
- Transports publics : les pantographes font des étincelles : page 11
- L'Union des tramways franco-lvivienne : page 13
- Inscrivez-vous via Internet : page 14.


Note




Emmanuel de Bettignies est responsable d'Odaessa-Consulting. Téléphone : + 38 06 38 54 69 36. Adresse : Vulitsa Malaya Arnautskaya, Bud 88, Kv 10, 65 007 Odessa, UKRAINA.

Voir : [URL : http://www.odaess-consulting.com/].



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