Tariel Oniani, dit Tariel Mulukhov, un des chefs présumé de la mafia russo-géorgienne
2013-12-18

Tariel Oniani naît en 1952, à Tkibuli, une ville minière de Géorgie.

Dès l'âge de 17 ans, il est condamné à la prison pour vol.

La Russie



Durant les années 1980, à Moscou, il devient vori v zakone, "voleur dans la loi" (1), à la tête d'un groupe de crime organisé.

La France



Durant les années 1990, il s'installe en France et se lance dans les affaires, actionnaire de Georgian Airzena et propriétaire d'une entreprise de construction en particulier.

"Lorsque Tariel Oniani, alias Tasos Onianidis (grâce à un passeport grec), demeurant avec épouse et enfants au Vésinet (Yvelines), fut mis sur écoutes, en décembre 1994, dans l'appartement qu'il occupait alors à Cannes, les policiers ont compris qu'ils surprenaient les confidences d'un chef de ces "vori v zakone" qui ont envahi l'Europe et l'Amérique du Nord".

Il lui est attribué l'emploi d'immigrés clandestins, mais il est condamné par la justice française, à Grasse, en octobre 1998 (avec son complice Mérab Djangvéladzé) pour "association de malfaiteurs en vue de préparation d'un crime". Il écope de 8 années de prison, mais réussit à s'échapper.

Ses intérêts en Géorgie attaqués



Après la Révolution des Roses, ses intérêts en Géorgie sont attaqués : l'un de ses alliés, Bondo Shalikiani, est arrêté (mars 2004), libéré après transaction financière et autorisé à gagner la Russie.

L'Espagne



Il se réfugie en Espagne et reprend ses activités, notamment dans la construction.

En mai 2005, il lui est attribué une nouvelle fois l'emploi d'immigrés clandestins et de blanchiment d'argent : il est sur le point d'être arrêté, mais réussit une nouvelle fois à tromper la police. Les autorités espagnoles se contentent de ses adjoints, dont Besik Liparteliani accusé d'avoir fait entrer illégalement en Espagne plus de 800 travailleurs immigrés géorgiens.

La Russie à nouveau



Tariel Oniani se réfugie à Moscou, et se heurte aux autres clans de crime organisé, à des fins territoriales. Il est arrêté en juillet 2008 -ainsi que 39 autres "voleurs dans la loi"- lors d'une assemblée réunissant plusieurs groupes rivaux à propos de leurs intérêts dans les marchés lancés pour les Jeux Olympiques de Sotchi -et ayant conduit à des dizaines d'assassinats-, mais est libéré quelques jours après.

En mai 2009, il est accusé par le Premier ministre géorgien Vano Merabishvili, de soutenir l'opposition au président Saakachvili, en connivence avec les autorités russes.

En mars 2010, deux de ses adjoints sont assassinés, Vladimir Janashia (parfois Djanachia) en France et Malhas Kitai en Grèce, en représailles -semble-t-il- à l'assassinat de Vyacheslav Ivankov (2009) qui avait arbitré contre lui.

En juillet 2010, sous le nom de Tariel Mulukhov, il est condamné par la justice russe à 10 ans de détention pour kidnapping d'un homme d'affaires d'origine géorgienne (M. Magnadze) pour lequel il aurait reçu la moitié de la rançon (250 000 dollars).

Il est incarcéré à la prison "Matrosskaya Tishina" d'où il continue -semble-t-il- à diriger ses opérations (3). Le 13 janvier 2013, la commandite de l'assassinat d'Aslan Usoyan (Yézide d'origine kurde, né sur le territoire géorgien et parrain du clan de Tbilissi), à Moscou, lui est attribuée.

Notes



(1) Les vory v zakone étaient historiquement tenus à respecter un code d'honneur.

(2) Le Point 22.08.1997 : "

Les nouveaux émirs de la Côte

"

[URL : http://www.lepoint.fr/actualites-politique/2007-01-24/les-nouveaux-emirs-de-la-cote/917/0/85095]

(3) Sa fortune est parfois estimée à 400 millions de dollars.

Sources



Georgian Times, Civil Georgia, Centre français de recherche sur le renseignement, Russian Mafia

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