Ukraine "Des réformes sans ressources" (mai 2013)
2013-09-16

E-review Ukrainian Business Press : éditorial mai 2013



En signant le 31 mai, à Minsk, un mémorandum de coopération avec l'Union Douanière (composée de la
Russie, du Kazakhstan et de la Biélorussie), le Premier Ministre ukrainien confirme la volonté politique de
l'Ukraine de se rapprocher le plus possible de ses deux principaux partenaires commerciaux que sont la Russie et l'UE sans s'engager ni pour l'un, ni pour l'autre.

L'année dernière encore, le gouvernement concentrait ses efforts sur cette politique, cherchant des solutions
aux maux de son économie en dehors de ses frontières. Les priorités de l'action gouvernementale ont
depuis changé : l'urgence est maintenant de moderniser et de financer l'économie.

En lien avec la feuille de route définie par l'UE pour la signature de l'Accord d'association à l'automne 2013,
le gouvernement continue ses efforts afin de moderniser son économie. L'objectif est clair : améliorer le
climat des affaires. Nombre de mesures ont déjà été prises, d'autres sont en préparation, mais déjà ces
avancées sont saluées (comme nous l'avons déjà signalé dans notre précédente édition) par la Banque
mondiale qui classe l'Ukraine parmi les nations engageant le plus de réformes de modernisation de son
économie, mais aussi par les investisseurs.

Ainsi, les efforts du gouvernement pour combattre les trois maux qui plombent le climat des affaires -
corruption, bureaucratie et faiblesse de la protection des investissements - sont sur le point d'être
récompensés : les investissements directs étrangers pourraient dépasser les 6 milliards de dollars cette
année, contre 4,13 milliards en 2012.

Ces perspectives heureuses, surtout en temps de crise, sont gâchées par les résultats de l'action
gouvernementale concernant le financement de l'économie.

Le gouvernement avait prévu un programme de financement aussi ambitieux que creux : 25,3 milliards d'euros de soutien à l'économie réelle pour 2013, mais où seuls 4 milliards étaient réellement financés, le
gouvernement proposant seulement des garanties d'État sur les 21 milliards manquants…

Asphyxiés par des taux d'emprunt prohibitifs, le secteur privé, et l'industrie en particulier, a du mal à
mobiliser les ressources nécessaires pour investir. L'avantage concurrentiel de l'industrie ukrainienne en
pâtit.

Alors que certains des marchés traditionnels d'exportations (Europe, pays du Maghreb) se sont contractés,
le maintien du cours de la hryvnia à un niveau artificiellement haut vient saborder la production industrielle nationale grevant du même coup la croissance.

Pointée du doigt par les experts, le FMI, l'UE, et la Banque Mondiale, cette politique monétaire pénalise
lourdement le potentiel d'exportation du pays et impacte aussi sa capacité à se financer. Point de discorde avec les bailleurs de fonds internationaux, elle interdit l'accès à des financements bon marché.

Or c'est ceux-là même qui pourraient permettre, couplés à une réforme au sein de la banque centrale, de
faciliter l'accès au crédit pour le secteur privé.

Ainsi l'Ukraine est en train d'opérer les réformes structurelles tant attendues et réclamées ces dernières
années. Pourtant, en maintenant sa position dogmatique sur le cours de la hryvnia, le gouvernement retire
au secteur privé les moyens de profiter de ces améliorations.

Reste donc à espérer que face à l'échec de son programme de financement, le gouvernement sera plus à
l'écoute des recommandations du FMI à ce sujet et que la dynamique des investissements étrangers sera
soutenue par celle des investissements des secteurs privé et public.

Pour en savoir plus



Consultez la E-Review Ukrainian Business Press de mai 2013 :

[URL : http://www.odaess-consulting.com/media/5161/e-review_mai.pdf]
.

Note




Emmanuel de Bettignies est responsable d'Odaessa-Consulting. Téléphone : + 38 06 38 54 69 36. Adresse : Vulitsa Malaya Arnautskaya, Bud 88, Kv 10, 65 007 Odessa, UKRAINA.

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