Et si l'Accord d'association UE - Ukraine était signé ? (octobre 2013)
2013-10-14

E-review Ukrainian Business Press : éditorial octobre 2013



Les 28 et 29 novembre se tiendra le sommet de Vilnius qui pourrait marquer un tournant dans l'histoire contemporaine de l'Ukraine si l'Accord d'association entre l'UE et l'Ukraine y était signé. Jamais l'UE n'avait prévu d'Accord d'association aussi ambitieux.

L'Accord d'association se veut un moyen concret d'exploiter la dynamique des relations UE-Ukraine, en mettant l'accent sur le soutien aux réformes de base, sur la reprise économique et la croissance, la gouvernance et la coopération dans plus de 30 secteurs (énergie, transport, protection environnementale, industrie, PME, social, éducation, culture, égalité des droits, etc.). Cette coopération s'exprimera notamment par l'intégration des normes et standards européens en Ukraine, accélérant ainsi son ouverture au marché européen mais aussi aux marchés mondiaux.
Cet Accord serait également synonyme d'une reprise de programmes européens de financement et d'un soutien de l'UE auprès des institutions internationales pour que l'Ukraine recouvre des facilités de financement dont elle manque actuellement.
Enfin, le volet économique de cet Accord prévoit la création d'une zone de libre-échange approfondie et complète. Combinée avec l'harmonisation des normes et des standards, cette zone de libre-échange créera une forte dynamique dans les échanges commerciaux avec l'Europe.

Début septembre, le gouvernement ukrainien a approuvé le projet d'Accord d'association, tandis que quelques jours plus tard, les représentants européens réunis à Vilnius déclaraient vouloir mettre en application une partie du volet économique de l'Accord d'association au lendemain de sa signature, soit sans attendre le long processus de ratification par les parlements nationaux.
Cette mesure d'exception est une réponse aux menaces russes qui ne sont mêmes plus voilées : « nous allons continuer à être amis, à faire du commerce, mais cela sera un commerce (…) sans aucun privilège, peut-être même au contraire avec des restrictions » a averti le Premier ministre russe Dimitri Medvedev.

La menace du premier partenaire commercial de l'Ukraine (40% de son commerce extérieur) n'est pas la seule raison qui pourrait entraver la signature de l'Accord d'association.

Côté européen, les opinions divergent entre les pays d'Europe de l'Ouest et les pays d'Europe de l'Est. Ces derniers poussent à un rapprochement avec l'Ukraine, qui éloignerait d'autant l'influence russe, tandis que les premiers sont plus réticents à accorder leur voix, synonyme de confiance, à un gouvernement qui a du mal à prouver sa bonne volonté concernant l'état de la démocratie et des droits de l'homme en Ukraine. Ces dissensions ne modifient en rien les critères de décision de l'UE : réforme du système électoral et réforme du système judiciaire, mais leur appréciation.

Ainsi la libération de l'opposante Yulia Timochenko reste un critère non-négociable pour les démocraties occidentales tandis que les pays d'Europe Centrale pourraient être plus arrangeants.

Côté ukrainien, les principales holdings poussent à la signature. Leurs liens étroits avec le pouvoir favorisent cette orientation ; cependant il semble que le gouvernement soit plus sensible à la composante économique de l'Accord d'association qu'à sa composante politique. Il ne veut pas se faire dicter sa conduite notamment concernant Yulia Timochenko.

Yulia Timochenko, fervente partisane pro-européenne, pourrait paradoxalement être, contre son gré, la cause de l'échec de négociations qu'elle a elle-même engagées.
Ainsi les sorts de l'Ukraine et de l'égérie de l'opposition sont intimement liés : soit Yulia Timochenko reste incarcérée et l'Ukraine reste avec elle à l'isolement, soit elle est libérée et l'Ukraine, affranchie de barrières douanières, s'ouvre sur l'Europe. Le nouveau défi du gouvernement sera de retrouver un nouvel équilibre avec la Russie afin que l'Ukraine recouvre sa vocation de pays à la frontière de deux blocs, de deux civilisations et cultures.



Pour en savoir plus




Consultez la E-Review Ukrainian Business Press d'octobre 2013 :

[URL : http://www.odaess-consulting.com/media/5200/e-review_octobre_13-fr.pdf].

Note



Emmanuel de Bettignies est responsable d'Odaessa-Consulting. Téléphone : + 38 06 38 54 69 36. Adresse : Vulitsa Malaya Arnautskaya, Bud 88, Kv 10, 65 007 Odessa, UKRAINA.

Voir : [URL : http://www.odaess-consulting.com/].


Retour à



[URL : 4230].