Ukraine : "La santé doit revenir à la mode !" (mai 2013)
2013-11-19

Par Oksana Mykolik

Kiev, 21 mai 2005, Dien (Source Odaess).

Le régime alimentaire actuel des Ukrainiens pourrait entraîner des maladies de masse dans les 10-20 ans à venir. La raison n'est pas le manque d'argent mais le
manque d'une certaine éducation à l'hygiène de vie.



Les statistiques montrent que notre nation n'est pas amie avec les légumes, les fruits, le poisson et les produits laitiers. L'association des diététiciens d'Ukraine sur la base des données du Comité d'État aux Statistiques a analysé des indicateurs statistiques donnant une vue d'ensemble des préférences des Ukrainiens quant au choix de leurs aliments en
2011-2012. Les résultats ne montrent pas tant l'incapacité économique des Ukrainiens à s'offrir des aliments sains, que leur indifférence à l'égard de leur santé.

Ainsi, on retrouve dans la ration alimentaire quotidienne moyenne des ukrainiens beaucoup
trop de sucre, de pain et de viande : produits carnés - 140 g (trop), poisson - 37 g (pas assez), produits de boulangerie - 302 g (trop), sucre 105 g (trop), fruits - 114 g (pas assez).

Le très faible niveau de consommation de poisson, en particulier dans un contexte de forte consommation de viande, a des conséquences néfastes sur la santé. [...] Aujourd'hui, on trouve deux fois plus de sel dans le pain ukrainien que dans le pain d'Europe. Selon les
experts, c'est la technologie de fabrication qui est en cause : en utilisant plus de sel, on consomme moins de farine. [...]

Oleg Shvets, président de l'association des diététiciens d'Ukraine : « Je tiens à souligner que
la composante économique est très souvent considérée comme un aspect important pour une alimentation saine. Les gens n'ont soi-disant pas les moyens d'acheter certains produits. Mais si vous comparez le coût de poissons de mer bons pour la santé, au prix du
« kolbassa (1) », ce dernier est deux à trois fois plus élevé. Si vous regardez l'offre des magasins d'alimentation ukrainiens, l'assortiment de « kolbassas » est dix fois plus important. Ce qui signifie que la demande pour ce type de produits est bien supérieure. »

Les nutritionnistes ne sont pas les seuls spécialistes à mettre la malnutrition sur le compte de la pauvreté. Les betteraves, les carottes, les choux ou les haricots ne sont pas si chers comparés aux produits laitiers. En outre, selon le Comité d'État aux Statistiques, en 2012, l'Ukrainien moyen a dépensé par mois plus en alcool, cigarettes et drogues, qu'en vêtements, santé ou éducation. C'est la raison pour laquelle [...] au rang des objectifs à atteindre par l'État dans les années à venir, l'Institut de démographie et d'études sociales cite en particulier la nécessité de « former les bases psychologiques permettant la mise en œuvre d'un mode de vie sain. » [...]

Note :

(1) Kolbassa : charcuterie russe / ukrainienne ressemblant aux saucisses / salami d'Allemagne et d'Europe centrale.


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