Conférence "Construction de représentations politiques dans la Russie contemporaine" (6 novembre 2013, Paris VIII)
2013-11-06

Atelier "Construction de représentations politiques dans la Russie contemporaine : mobilisation du non-politique"



- organisé autour du parcours "Espace russe et post-soviétique" du Master 2 Recherche "Géopolitique : enjeux territoriaux et rivalités de pouvoir"
- mercredi 6 novembre à 11h, Université Paris VIII /
Institut Français de Géopolitique, Bât D, salle D011
(M° Saint-Denis Université),
- contact André Filler [URL : andrfiller@yahoo.fr].


Programme



10h-12h30 Modérateur Sofia Tchouïkina (Paris VIII, ISP/CERCEC)

-André Filler (Paris VIII, IFG, CRAG) "Représentations comme grammaire politique en Russie du XXIème siècle"

-Samuel Diraison (Paris VIII, IFG) "Représentation et instrumentalisation du sport dans la république de Sakha-Yakoutie"

-Vélikhan Mirzekhanov (RGGU, Moscou) "Mémoire culturelle et communication mémorielle dans la politique russe contemporaine et les manuels d'histoire"

-Edouard Morel/Pauline Castier (Paris VIII, IFG) "Les migrants centre-asiatique à Moscou: construire et représenter l'étranger proche"

12h30-14h Pause déjeuner

14h-17h Modérateur Jean-Robert Raviot (Paris Ouest-Nanterre, CRPM)

-Vladimir Pawlotsky (Paris VIII, IFG) "La banlieue de Khimki : Institutionnalisation d'un rapport de force autour de la construction d'une identité scientifico-citadine"

-Sofia Tchouïkina (Paris VIII, ISP/CERCEC) "L'embourgeoisement d'une ville-usine: Les nouveaux espaces publics et leurs monuments à Tcherepovets"

-Lukas Aubin/Benjamin Staron (Paris VIII, IFG) "L'image de la station balnéaire post-soviétique : Jurmala et Sotchi, étude comparée"

Discussion conclusive.

Présentation



Un hiatus permet de décrire aujourd'hui la politique russe : d'un côté, important regain d'envergure sur le plan international, illustré notamment par l'orientation que la Russie a su communiquer au dossier syrien, de l'autre fragilité grandissante du régime à l'intérieur, l'obligeant à céder de plus en plus à la contestation protéiforme. Contrairement aux démocraties occidentales où les rivalités idéologiques sont par définition intériorisées par les mouvements politiques qui participent aux rites consacrés du jeu électoral, la « démocratie à la russe » non-compétitive (JR Raviot), sollicite en permanence une approbation plébiscitaire du régime en place (avec, à la marge, toutes les irrégularités constatées lors de ces exercices référendaires).

Néanmoins, et contrairement à l'image monochrome, présentée par les média occidentaux, il existe en Russie un pluralisme politique, bien que déplacé, au sens littéral, vers des terrains alternatifs (réels ou virtuels), et un débat idéologique qui oppose les adeptes du « système Poutine » aux adversaires du pouvoir actuel. Des deux côtés le discours engagé génère un nombre important de représentations, convoquées régulièrement afin d'étayer les positions des uns et infirmer celles des autres. Plus que jamais, tous les moyens sont mobilisés afin de justifier - pour le pouvoir, son caractère inéluctable, pour les contestataires, leur compétence subversive.

La notion de représentation collective, lancée par Durkheim en 1898 semble ainsi pertinente lors de l'analyse de ces rivalités politiques et géopolitiques (Lacoste). Solliciter au nom de « la politique » une image extérieure « au politique » (Lefort) ; construire une figure de discours idéologique à partir des éléments politiquement neutres ; communiquer un sens nouveau et « engagé » aux phénomènes courants de la vie sociale et intellectuelle - tels sont des modes de création de représentation, dont la définition réside invariablement dans leur caractère à la fois « secondaire » (de deuxième main), et téléologique. Dans un contexte politique où l'unique enjeu des deux côtés est celui du maintien ou du non-maintien du régime en place au pouvoir, la rhétorique des représentations devient particulièrement percutante. L'atelier autour du parcours « Espace russe et post-soviétique » du Master 2 Recherche « Géopolitique : enjeux territoriaux et rivalités de pouvoir » de l'Institut Français de Géopolitique (Université Paris VIII) se propose ainsi d'étudier la construction, l'usage et l'efficacité de ces représentations qui politisent les domaines extra- ou parapolitiques : sportif, artistique, scientifique, patrimonial, cultuel, etc.