Biélorussie : la situation des droits de l'Homme reste préoccupante
2004-07-12

Biélorussie : la situation des droits de l'Homme reste préoccupante



Le 17 avril 2003, une résolution sur la situation des droits de l'Homme au Belarus a été discutée au cours de la 59ème session plénière du Comité des droits de l'Homme de l'ONU

, qui s'est tenue à Genève du 17 au 24 avril 2003. Le Comité a exprimé "sa grande préoccupation à propos de l'information selon laquelle les plus hautes autorités de l'État seraient impliquées dans la disparition et la mort de trois principaux opposants au régime du président Lukashenko, ainsi que dans la disparition d'un journaliste étranger renommé". L'ambassadeur des Etats-Unis à Minsk, M. Michael Kozak, a déclaré que cette résolution constituait "un événement très important" et qu'elle représentait un "signal d'alarme urgent adressé aux autorités biélorusses".

La situation des droits de l'Homme au Bélarus reste en effet critique. Le 15 avril 2003, le président Aliaksandar Loukanshenka, par le décret spécial n° 13, a pratiquement interdit aux représentants d'ONG de défendre les droits et les intérêts des citoyens ordinaires devant les tribunaux. Depuis l'entrée en vigueur de ce décret, un grand nombre de personnes jugées pour des délits administratifs et pour la participation à des actions de l'opposition peuvent se trouver sans aucun appui juridique.

Cela n'empêche pas les autorités biélorusses de présenter au Parlement un projet de loi sur la création d'un Commissaire aux Droits de l'Homme. Mais le président Loukashenka a déclaré devant l'Assemblée : "Aucun candidat, pour le moment, ne s'est fait connaître". On imagine en effet que cette fonction ne sera pas aisée à occuper dans un pays où la violation des droits de l'Homme est quotidienne.

La position des Etats-Unis et de la communauté internationale reste cependant empreinte d'un certain pragmatisme

. Si l'ambassade à Minsk déclare que "la partie américaine n'a observé aucun changement positif dans les relations Bélarusso-américaines" depuis l'année dernière, le Département d'Etat américain a pris la décision, le 16 avril 2003, de supprimer l'interdiction de délivrer des visas aux hauts fonctionnaires du Bélarus, sanction qui avait été prise à la fin de l'année dernière. Cette levée d'interdiction avait été posée comme l'une des conditions préalables à la réouverture du Bureau de l'OSCE à Minsk. C'est maintenant chose faite : le 24 avril, le Bureau de l'OSCE de Minsk a diffusé, par la voix de sa chargée de presse, Mme Heidi Smith, ses quatre priorités de travail pour son nouveau mandat : le système législatif, la société civile, l'économie et l'environnement.

De son côté, le président biélorusse continue à perdre de l'audience dans l'opinion. Selon un sondage diffusé le 22 avril 2003 par l'Institut Indépendant pour la Recherche Socio-économique et Politique, effectué auprès d'un échantillon de 1.488 personnes, le président Loukashenka a atteint un niveau plancher de 26, 2 % de cote de popularité.




Hervé Collet, d'après Belarus News du 13 mai 2003.