Visite de M. Aleksander KWASNIEWSKI, Président de la République de Pologne, au Parlement européen
2004-07-29

Visite de M. Aleksander KWASNIEWSKI, Président de la République de Pologne, au Parlement européen




Le 14 mai 2003

Le Président du Parlement européen



M. Pat COX, Président du Parlement européen souhaite la bienvenue à M. Aleksander KWASNIEWSKI, Président de la République de Pologne et souligne l'importance de sa visite dans le contexte du travail de la présente session. Il s'agit de la pré-intégration des pays candidats par le biais de la présence des observateurs et en particulier de ceux de la Pologne.

La visite de M. KWASNIEWSKI permet de prendre acte du rôle de la Pologne dans la promotion de l'intégration européenne et M. COX le salue à titre personnel. Il insiste sur le fait qu'au cours du mois dernier, on a mis aux voix au Parlement européen les Traités d'adhésion. L'adhésion de la Pologne a été adoptée à plus de 90%. Depuis les années 90, le Parlement a été solidaire de la Pologne et a créé un groupe "Des amis de la Pologne" manifestant un intérêt pour ce pays qui ne s'est jamais démenti. Le 1er mai 2004 marquera la fin d'un long parcours depuis les années 90 et les chantiers navals de Gdansk avec la révolution pacifique de Lech WALESA qui a eu un grand effet d'entraînement sur l'évolution de l'ensemble des pays d'Europe centrale et orientale. Le Président rappelle également que le Pape Jean-Paul II a soutenu le principe de l'intégration de la Pologne dans l'Union européenne. Enfin, le Président rappelle l'importance de la campagne que mène M. KWASNIEWSKI pour le référendum en vue de l'unification ainsi que sa vision des relations avec les anciens voisins de la Pologne qui deviennent désormais les nouveaux voisins de l'Union européenne.

Le Président de la République de Pologne



M. Aleksander KWASNIEWSKI, se déclare fier de représenter la Pologne à un moment exceptionnel de son histoire. En effet dans trois semaines, un référendum aura lieu et le Président se déclare convaincu que les Polonais diront oui à une Europe réunifiée. Il est également satisfaisant de voir des députés des pays candidats à cette séance solennelle. L'intégration de l'Europe n'est plus une vision mais elle devient une réalité. La décision récente du Parlement, donnant son avis conforme aux Traités d'adhésion, est fortement symbolique. En effet, les députés européens ont toujours soutenu énergiquement l'intégration. Pour M. KWASNIEWSKI, le Parlement européen illustre l'importance de l'intégration européenne. Il est un exemple de la diversité des expériences nationales, des langues et des traditions, partagées dans une vision commune. L'Europe exprime ce qui est commun et ce qui pluriel. Le Président rappelle que Robert Schuman affirmait que sans cette diversité, il n'y aurait pas d'Europe. Et le Parlement en est le symbole.

L'élargissement est le plus important jamais réalisé. Si les négociateurs et les politiques ont déjà eu maintes occasions de se rencontrer, les sociétés civiles ne se connaissent pas encore très bien. Mais en dépassant les stéréotypes, il apparaît clairement que tous les Européens ont beaucoup en commun. L'Union européenne a 25 membres permettra sa consolidation. Elle ne sera pas une agglomération de substances sans aucun point commun, au contraire, elle permettra de développer les potentialités de tous. M. KWASNIEWSKI, insiste sur la civilisation commune des Européens. La Pologne elle-même a un passé de république multinationale qui est le prototype de l'intégration européenne à venir. M. KWASNIEWSKI, évoque l'histoire orageuse et douloureuse de la plupart des pays adhérents. Le plus grand succès historique a été de surmonter ces conflits. Des ponts ont été bâtis et non des murs. Les transformations, politiques et économiques, ont été pacifiques. La chute du mur de Berlin n'a entraîné que des révolutions non violentes à l'Est de l'Europe. Pour M. KWASNIEWSKI, l'Europe occidentale a fait preuve de courage et de responsabilité en se déclarant prête d'entrée de jeu à accueillir les Etats nouvellement libérés Par cette attitude, les occidentaux ont vu en les Européens orientaux les cogestionnaires à venir du continent. Ainsi, l'Europe unie n'est pas seulement un marché commun mais une communauté de valeurs. Elle est pour tous et il faut oeuvrer ensemble pour que ce rêve devienne réalité.

D'ici un an, l'Union européenne comprendra 25 Etats représentant la capacité, l'énergie, le savoir-faire et l'intelligence de 450 millions d'Européens. Une puissance mondiale émerge sous nos yeux : soyons fiers de cela. La plus grande force de la Communauté européenne a été sa capacité à évoluer et à s'adapter. Elle a su se construire par étape. Le Parlement européen en est la preuve vivante. Il a toujours cherché à renforcer les principes démocratiques. M. KWASNIEWSKI explique clairement que ce ne sont pas les institutions de l'Union qui ont créé la Communauté européenne mais l'inverse. Il n'y a pas de bureaucratie bruxelloise en train de construire l'intégration européenne. C'est cette dernière qui a nécessité l'établissement d'un centre de décisions à Bruxelles pour la mettre en oeuvre. La coopération entre tous les Etast membres anciens et nouveaux, sera nécessaire pour aboutir à des réformes importantes. M. KWASNIEWSKI se prononce en faveur du renforcement de la méthode communautaire pour renforcer l'efficacité de l'union. Ainsi, les institutions ne deviendront pas un goulet d'étranglement de l'intégration.

L'Europe unie devient un des grands centres mondiaux de civilisation. Un certain nombre de questions lui sont alors posées. La première, concerne ses futures relations avec les Etats-Unis. M. KWASNIEWSKI, rappelle que ces derniers ont aidé par deux fois l'Europe à recouvrer la paix. Le défi actuel est la dimension globale du partenariat et les opportunités que la coopération Union européenne-Etats-Unis peuvent apporter à toute l'humanité.
Revenant sur le conflit en Irak, M. KWASNIEWSKI, affirme qu'il faut maintenant gagner la paix. Cela veut dire soutenir les Irakiens par l'aide humanitaire et le retour de la stabilité en Irak. Le but est la démocratisation du régime et l'établissement d'un gouvernement choisi par les citoyens. Ce processus de démocratisation doit revenir aux Nations Unies. Le Président polonais attend une nouvelle résolution pour un cadre d'intervention de l'ONU. Il rappelle que sans une bonne coopération avec les Etats-Unis, il n'y aura pas de paix durable et il déclare satisfait du rôle des Nations Unies.

L'Union européenne doit se renforcer. L'élargissement est ne première étape mais il faut viser une politique commune et de sécurité et de défense. Le Président affirme que la Pologne coopérera à cette édification. Ce processus aura des conséquences sur les relations de l'Union avec les Etats-Unis. Cela doit être compris par les Américains mais ils doivent également comprendre que l'Europe est un partenaire. Et comme tout partenariat, celui-là sera d'autant plus solide qu'il sera fondé sur l'égalité des droits.

Une autre question importante pour l'Europe unie est celle de ses frontières. Romano PRODI a expliqué récemment que l'Union serait "complète" quand elle aurait achevé son unité politique, comprenant la Roumanie et la Bulgarie mais également l'ensemble des Balkans. Se posera alors la question importante de la Turquie. Le développement de la coopération avec les pays d'Europe de l'Est, tels que la Russie, l'Ukraine, la Moldavie et le Belarus est également un grand défi. La frontière orientale de la Pologne sera bientôt la plus longue frontière de l'Union européenne élargie. La Pologne veut participer activement à la détermination de la politique de l'Union à l'égard de ses voisins. Pour M. KWASNIEWSKI, il est important de ne pas tirer un nouveau rideau entre l'Est et l'Ouest de l'Europe, même si c'est un rideau de velours. Citant le Pape Jean Paul II, il affirme que l'Europe doit respirer avec ses deux poumons.

M. KWASNIEWSKI rappelle les énormes efforts de transformation, politiques et économiques, qu'on dû faire les pays candidats pour aller vers l'Union européenne. Certes le travail n'est pas achevé, mais personne ne doit dire que des raccourcis ont été pris. Les transformations radicales de régime politiques ont été accomplies, tous les pays respectent désormais l'état de droit, la démocratie et on développé leur société civile. Les transformations économiques ont été très difficiles mais ont été accomplies. M. KWASNIEWSKI rappelle les performances économiques de la Pologne qui a vu son PIB augmenter de 50 % depuis 1990. La Pologne offre également à l'Union le potentiel d'une société jeune et dynamique. Deux millions de jeunes polonais sont ainsi étudiants dans l'enseignement supérieur. Ces efforts ont également été faits par d'autres pays candidats. Ainsi, l'élargissent ne doit pas être vu comme un souci pour l'Europe mais comme une grande chance pour tous.

L'élargissement permettra de consolider le rôle de l'Union européenne sur la scène internationale. Le Président rappelle la mythologie grecque et l'histoire d'Europe, belle fille qui a charmé Zeus. Il se demande si l'Europe actuelle saura séduire les peuples des pays candidats par sa beauté ? La réponse est clairement oui. L'Europe actuelle offre une vision attrayante, capable d'encourager l'action et la foi en l'avenir. "Ensemble nous sommes plus forts et nous pouvons davantage", conclut le Président Aleksander KWASNIEWSKI.