Liberté de la presse selon RSF : analyse pour l'Europe de l'Est et l'Asie centrale (2012)
2013-12-12

Turkménistan et Ouzbékistan restent un enfer pour les journalistes



En

Ouzbékistan

(164ème, +7) et au

Turkménistan

(177ème, 0), les années passent et se ressemblent. Alors qu'elle parfait son contrôle d'Internet, la sinistre dictature du président ouzbek Islam Karimov maintient toujours une mainmise étroite sur les médias et une dizaine de journalistes emprisonnés dans des conditions effroyables.

La proclamation officielle du multipartisme et de la liberté d'expression n'a rien changé en pratique au totalitarisme du régime turkmène, qui voisine comme chaque année avec la Corée du Nord et l'Érythrée dans le classement mondial. « Réélu » triomphalement avec 97% des voix en février 2012, le président Gourbangouly Berdymoukhammedov, désormais officiellement qualifié de « protecteur » de la nation, accélère la mise en place de son propre culte de la personnalité.

Course vers le bas pour la Russie, l'Ukraine et le Kazakhstan



La

Russie

(148ème, +6) a donné le ton d'une année 2012 marquée par des durcissements répressifs dans l'espace ex-soviétique. Si les manifestations de l'opposition, d'une ampleur inédite, ont révélé au grand jour une société civile plus vocale que jamais, l'État y a répondu par une répression tous azimuts : re-pénalisation de la diffamation, contrôle accru d'Internet, criminalisation des ONG de défense des droits de l'homme financées par l'étranger… Une nouvelle ère s'ouvre dans laquelle les rapports entre l'État et la société ne seront plus jamais les mêmes, mais pour la liberté de l'information, les défis à relever restent immenses.

Alors qu'elle vient de prendre la présidence tournante de l'OSCE, l'

Ukraine

(126ème, +10) affiche le pire bilan pour les médias depuis la « révolution orange » de 2004. Chroniquement élevé, le niveau de violence à l'encontre des journalistes atteint des records, dans la plus grande impunité. Ce climat malsain ne fait que renforcer la vulnérabilité des médias indépendants face à des pressions de plus en plus fortes.

L'année 2012 marque un tournant au

Kazakhstan

(160ème, +6). Engagé dans une fuite en avant répressive, le régime du président Noursoultan Nazarbaïev se rapproche de plus en plus du « modèle » ultra-autoritaire de ses voisins ouzbek et turkmène. Marquée par des tentatives d'assassinats, des arrestations et diverses manoeuvres d'intimidation à l'égard des journalistes indépendants, l'année se termine avec la fermeture pure et simple des principaux médias d'opposition nationaux.

Mise en place d'une armée de « volontaires » chargés de la surveillance du Net, blocage de plus en plus régulier de sites d'information indépendants ou de Facebook… Le

Tadjikistan

(123ème, +1) met les bouchées doubles pour rattraper son retard sur ses voisins en matière de cybercensure.

Azerbaïdjan et Bélarus : retour au statu quo



La remontée de l'

Azerbaïdjan

(156ème, -6) et du

Bélarus

(157ème, -11) n'a rien de vraiment réjouissant : elle ne correspond qu'à un retour partiel au statu quo ante, après une année 2011 marquée par la violente répression de mouvements de contestation. Par dizaines, interpellations et passages à tabac de journalistes avaient alors précipité ces dictatures vers les tréfonds du classement mondial. Mais l'horizon est loin de se dégager à l'ombre des ego démesurés d'Alexandre Loukachenko et d'Ilham Aliev : journalistes indépendants et netcitoyens courent toujours de grands risques en remplissant leur mission d'information.
En Azerbaïdjan, l'étau se resserre sur ce qui reste de la presse d'opposition et plusieurs journalistes croupissent en prison, sans avoir été jugés, dans des conditions de détention déplorables. 2013 s'ouvre avec de nouvelles arrestations et brutalisations massives, qui promettent une nouvelle glissade du pays dans la prochaine édition du classement.

Un « peloton de tête » très étalé, des défis similaires



Malgré leur importante dispersion dans cette édition du classement mondial, la

Moldavie

(55ème, +2), l'

Arménie

(74ème, -3), la

Géorgie

(100ème, -4) et le

Kirghizstan

(106ème, -2) partagent un certain nombre de caractéristiques communes.

Marqués par un pluralisme important et un faible degré de censure étatique, ces pays ont encore d'importants défis à relever en matière d'indépendance des médias et de climat de travail des journalistes. Souvent pris à partie dans des sociétés fortement polarisées, ces derniers restent la proie facile de divers groupes de pression.

Note



Le classement 2013 de RSF porte sur l'année 2012.

Source



Reporters sans frontières

:

[URL : http://fr.rsf.org/IMG/pdf/classement_2013_fr_bd.pdf].

Voir aussi



[URL : 2550]

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