Inhumation de grognards de Napoléon en Lituanie
2003-07-21

Inhumation de grognards de Napoléon en Lituanie



VILNIUS (AP) - Les restes de 3.000 soldats français de la Grande Armée de Napoléon morts durant la campagne de Russie en 1812 et découverts il y a deux ans dans une fosse commune en Lituanie ont eu droit dimanche à une inhumation en règle.

Les grognards ont été portés en terre dans le cimetière Atakalnis de Vilnius au cours d'une cérémonie organisée par le gouvernement lituanien et l'ambassade de France. Ce cimetière est habituellement réservé aux grands personnages du pays: héros de l'indépendance, écrivains et hommes politiques.

A l'ombre des pins et sous des drapeaux tricolores, l'ambassadeur français Jean-Bernard Harth a estimé devant 300 personnes, dont le président du Parlement lituanien Arturas Paulauskas, que cet événement était l'occasion d'avoir une pensée pour l'unité de l'Europe.

"Napoléon était en quête d'une Europe unie, mais il a échoué parce qu'il a tenté d'unir le continent par la force", a-t-il lancé, avant qu'un orchestre n'interprète les hymnes français et lituanien. "Aujourd'hui, ce rêve d'une Europe unie se réalise parce qu'il s'accomplit pacifiquement". Un monument financé par la France et conçu par les Lituaniens a par ailleurs été dévoilé durant la cérémonie. Ce mur de granit a été béni par des religieux.

Les soldats de la Grande Armée venant de tout l'empire napoléonien, dont l'Italie, l'Allemagne, la Pologne et la Lituanie, il n'a jamais été question de ramener les restes en France, selon des responsables.

Lorsque les bulldozers ont découvert par hasard les restes lors de travaux de terrassement à Vilnius en 2001, beaucoup ont d'abord pensé qu'il s'agissait de victimes de la police secrète soviétique. Mais des pièces à l'effigie de Napoléon et des boutons d'uniformes de la Grande Armée retrouvés parmi les ossements ont permis d'écarter cette hypothèse.

Les soldats sont morts lors de la Retraite de Russie. Affamés et en proie à un froid glacial, la plupart des 40.000 rescapés de la Grande Armée qui s'étaient repliés sur Vilnius ont succombé rapidement.

Plusieurs milliers de restes humains supplémentaires ont été trouvés sur le même chantier l'an dernier mais sont toujours en cours d'examen. Le chercheur lituanien Arunas Barkus, de l'université de Vilnius, estime que jusqu'à 20.000 squelettes pourraient encore se trouver dans le secteur.

Associated Press