Russie : Mikhaïl Khodorkovski, oligarque emprisonné en 2003 et libéré en 2013
2013-12-29

Mikhaïl Borissovitch Khodorkovski naît le 26 juin 1963 à Moscou, d'une mère et d'un père ingénieurs-chimistes.

Il étudie le génie chimique et sort diplômé de l'Institut économique Plekhanov.


Membre des Jeunesses communistes (Komsomol), il crée une structure de conseil aux entreprises d'Etat et se lance dans le commerce extérieur, avec importation et revente de produits occidentaux (ordinateurs, cognac, ...)

En 1988, il fonde ensuite une banque, la Manatep, qui devient la maison mère de toutes ses activités.

Affaires et pouvoir politique



En 1995, il achète le pétrolier Ioukos, avec l'accord de Boris Etsine (acheté 360 millions de dollars, valorisé dix ans plus tard à 27 milliards).

En 1996, il fait partie du cercle des oligarques qui permettent la réélection de Boris Eltsine

En 2003, il est arrêté, accusé de malversation au sein de Ioukos : ses avocats avancent une autre raison, son opposition à Vladimir Poutine arrivé au pouvoir.

Pouvoir et prison



En mai 2005, il est condamné à 9 années de prison, la justice russe considérant qu'il n'a pas pu ignorer l'action de son chef de sécurité, coupable de l'assassinat d'un dirigeant de la banque Menatep et de trois autres personnes mêlées à ses affaires.

En décembre 2010, il est condamné à 6 années de prison supplémentaires pour vol de pétrole et blanchiment d'argent.

Il est l'objet de conditions de détention particulièrement difficiles, en Sibérie, souvent astreint à l'isolement. Il aurait été blessé au visage par l'un de ses codétenus (avril 2006).

Mobilisation internationale



Il est souvent cité dans les médias internationaux comme une victime politique du régime de Vladimir Poutine.

L'ancien oligarque russe et ancien ministre de l'économie de la Géorgie, Kakha Bendukidzé le présente comme tel.

Amnesty international considère qu'il est un prisonnier politique.

En 2011, la Cour européenne des droits de l'homme critique les conditions de son arrestation et sa détention préventive : l'Etat russe est condamné à lui verser 10 000 euros de dommages et intérêt.

Après l'annonce de sa grâce par Vladimir Poutine, Mikhaïl Khodorkovski est libéré et atterrit à Berlin le 20 décembre 2013.

Il déclare que les autorités russes ne lui ont pas laissé le choix de sa destination, qu'il renonçait à toute ambition politique en Russie, mais ne reconnaissait pas la moindre culpabilité dans les différents procès qui lui avait été dressé.

Cette libération est généralement attribué à l'action discrète de Hans-Dietrich Genscher, ancien ministre des Affaires étrangères de la République fédérale d'Allemagne (1), qui aurait convaincu Vladimir Poutine lors de deux entretiens décisifs à mi-2012 et début 2013, le bénéficie pour ce dernier étant une moins mauvaise image à quelques semaines de l'ouverture des Jeux Olympiques d'hiver à Sotchi.

Note



(1) Hans-Dietrich Genscher, ministre du chancelier Helmut Kohl, négocia avec Edouard Chevardnadze, ministre de Mikhaïl Gorbatchev, la réunification de l'Allemagne, finalisée en 1990. Fin connaisseur des affaires soviétiques et russes, il a -semble-t-il- l'oreille de Vladimir Poutine, parfait germanophone.

Voir aussi



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