La Géorgie veut se rapprocher en douceur de l'Union européenne (janvier 2014)
2014-01-14

La Géorgie espère qu'à l'issue du sommet UE-Russie fin janvier, ses partenaires européens contribueront à son rapprochement avec l'UE tout en empêchant de nouvelles complications avec la Russie, écrit lundi le quotidien Izvestia.

Le gouvernement géorgien compte particulièrement sur l'Allemagne. Les autorités misent en effet sur les liens solides entre Berlin et Moscou ainsi que sur le retour de Frank-Walter Steinmeier au poste de ministre allemand des Affaires étrangères en décembre 2013, dont on connaît la position au sujet de la situation en Transcaucasie.

"M.Steinmeier a une expérience unique des affaires géorgiennes, il connaît parfaitement la situation dans la région. En tant que ministre des Affaires étrangères de 2005 à 2009, il avait formulé des initiatives pacifiques visant à régler le conflit régional, entravées d'ailleurs par la guerre de 2008. Aujourd'hui nous devons profiter de son retour pour réanimer certaines de ses conseils", a déclaré Paata Zakareichvili, ministre géorgien de la Réintégration.

Peu de temps avant la guerre de 2008, Frank-Walter Steinmeier avait proposé son plan à la Géorgie, à l'Abkhazie et au président russe de l'époque Dmitri Medvedev. Ce document impliquait la signature d'un accord de non recours à la force, le retour des réfugiés géorgiens en Abkhazie et la réhabilitation économique de la région.

Le gouvernement allemand était même prêt à lancer la récolte de fonds de la part des pays donateurs à ces fins. L'étape finale impliquait la détermination du statut politique de l'Abkhazie. A l'heure actuelle son indépendance, comme celle de l'Ossétie du Sud, n'est reconnue que par la Russie, le Nicaragua, le Venezuela, ainsi que Nauru et Tuvalu.

Alors même que le plan Steinmeier était discuté, l'ex-président géorgien Mikhaïl Saakachvili avait déclaré que face aux provocations incessantes de la part de la Russie, la Géorgie ne renoncerait pas à l'usage de la force. Ces propos, suivis du conflit armé de 2008, ont réduit à néant les efforts de la diplomatie allemande.

"On pourrait tout à fait relancer les deux premières étapes du plan - sur les mesures pour rétablir la confiance et l'aide financière internationale, a déclaré Paata Zakareichvili. Les conditions sont aujourd'hui favorables à la Géorgie - Frank-Walter Steinmeier revient, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) est présidée en 2014 par la Suisse, médiateur de la guerre russo-géorgienne de 2008. Cette fois, il est crucial d'utiliser tout cela le plus rationnellement possible."

Tedo Djaparidze, président de la commission parlementaire pour les relations extérieures, a déclaré que l'Allemagne, en tant que locomotive de l'UE, n'était pas indifférente à la stabilité à la périphérie de l'Europe. Car l'UE a besoin d'un Caucase stable.

"Cependant le Caucase ne sera pas stable tant que la Russie ne règlera pas ses conflits avec les pays de l'ex-URSS. Un second plan Steinmeier visant le maintien de la sécurité, de la stabilité et le développement économique aux abords de l'UE selon le principe avec la Russie et pas contre elle serait aujourd'hui d'une grande aide pour nous tous" , estime Tedo Djaparidze

Selon lui, le Groupe de Visegrad comprenant la République tchèque, la Hongrie, la Pologne et la Slovaquie pourrait participer à la mise en œuvre de ces initiatives.

"Les relations entre l'Allemagne et la Russie pourraient servir à persuader cette dernière que l'aspiration de Tbilissi à intégrer les structures européennes et euratlantiques ne nuit pas aux intérêts de la Russie", espère Irakli Menagarichvili, ex-ministre géorgien des Affaires étrangères.

Source fr.rian.ru par

[URL : http://www.egaliteetreconciliation.fr/La-Georgie-veut-se-rapprocher-en-douceur-de-l-Union-europeenne-22655.html]

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