L'accord de Libre-Echange Centre-Européen (ALECE)
2003-06-08

L'Accord de Libre-Echange Centre-Européen (ALECE)



Pays participants

: Bulgarie, Hongrie, Pologne,République Tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie.

Dès la suppression du cadre socialiste, qui jusqu'à la fin de l'année 1990 définissait les
conditions d'échanges réciproques, les relations commerciales au sein de ce qui était encore appelé
CAEM/COMECON se sont complètement désorganisées. L'obligation faite de régler les transactions
en devises et de définir les prix en fonction des standards internationaux a entravé à l'époque les
échanges entre partenaires ex-socialistes. En trois ans (de 1989 à 1992), le commerce entre les futurs
pays signataires de l'ALECE a baissé de moitié : ainsi, si le commerce entre les pays d'Europe
Centrale représentait 10 % de leurs échanges dans le système soviétique, cette part est tombé à 5 %
dès 1990.

L'ALECE a été signée le 21 Décembre 1992 à Cracovie

par les initiateurs du projet : les 3
pays du Groupe de Visegrad (qui devinrent 4 après le 1er janvier 1993 suite à la partition de la
Tchécoslovaquie en 2 Etats distincts).

II est important de préciser que tous les pays signataires de cet accord de libre-échange
avaient auparavant signé des accords d'association avec l'Union Européenne : c'est pourquoi l'ALECE a été conçue (et d'ailleurs a fonctionné) comme une organisation de transition préparant à une
adhésion pleine et entière à l'Union Européenne.

L'entrée en vigueur de cet accord a eu lieu le 1er mars 1993.



Le but de I'ALECE a été la mise en place progressive d'une zone de libre-échange entre ses
membres durant une période de transition se terminant à échéance du 1er janvier 2001 au plus tard,
conformément aux prévisions de I'ALECE et à l'article 24 de ce que l'on appelait alors encore le
GATT.

Les objectifs de l'accord ont été : d'harmoniser le développement des relations économiques
entre les pays signataires grâce à l'intensification des échanges commerciaux, d'accélérer le
développement des activités commerciales dans les pays signataires, d'augmenter les standards de
niveaux de vie, d'assurer aux populations actives de meilleures possibilités d'emploi et d'accroître la
productivité et la stabilité financière.

L'ALECE couvrait aussi bien les biens agricoles que les produits manufacturés et l'abandon
des barrières douanières et tarifaires s'est déroulé en trois étapes :
- la première, durant l'année 1993, a consisté à supprimer les droits de douane pour les produits dits
« non-sensibles », ce qui représentait 30-40 % des échanges ;
- la deuxième, de 1994 à 1996, a permis de réduire d'un tiers chaque année les taxes sur les produits
manufacturés ;
- la troisième et dernière, qui s'est étendu de 1997 à 2001, a permis la réduction des taxes pour les
produits tels que l'acier, le textile et l'automobile.

A noter que les taxes sur les produits agricoles ont été soumises à un autre régime et ont diminué
de 10 % par année de 1993 à 2001.

L'élargissement de I'ALECE



Cet élargissement a été difficile : en effet, les quatre premiers signataires de l'Accord s'y
sont opposé momentanément. On peut supposer que ces « initiateurs » ont craint que les demandes
d'adhésion à l'Union Européenne soient examinées ensemble, alors que l'avancée dans la transition
vers l'économie de marché des différents pays était très inégale.

De plus, le fait que les produits qu'ils aient à échanger soient souvent identiques et la
« faiblesse » du marché ainsi constitué (60 millions de personnes si l'on considère les quatre premiers signataires) explique probablement le peu d'intérêt que ces pays ont manifesté pour un accord de libre-
échange élargi qui, pourtant, commençait à porter ses fruits et remportait un relatif succès. Ainsi, si
l'on examine les chiffres, l'entrée en vigueur de cet accord a favorisé une relance du commerce intra-
zone : en 1995, le volume de ces échanges était alors estimé à 8 %.

L'élargissement de cet accord de libre-échange est devenu un fait à partir de 1996, date à
laquelle la Slovénie a été admise, suivie par la Roumanie en 1997 et la Bulgarie en 1999. D'autres
pays ont également exprimé leur désir de rejoindre l'ALECE : la Croatie, les Etats Baltes, la
Macédoine et l'Ukraine.


D'après un texte de l'IFRI : "Le groupe de Visegrad .....et après ?"