Référendum sur l'élargissement en République Tchèque
2003-06-15

La République Tchèque dit oui à l'UE



La République tchèque a très largement approuvé samedi 14 juin son entrée dans l'Union européenne en 2004, assurant ainsi définitivement le succès de l'élargissement de l'UE à l'ancienne Europe communiste.

Le Oui l'a emporté avec une majorité de 77,33%

, selon les résultats complets diffusés en début de soirée par l'Office tchèque des statistiques (CSU). "Ce Oui est clair, personne ne peut le contester ni la façon dont il a été obtenu", a commenté le Premier ministre social-démocrate Vladimir Spidla. "Pour moi, c'est la Seconde guerre mondiale et la division de l'Europe qui sont terminées".

La participation -55,21%- a été honorable

pour un pays qui, selon toutes les enquêtes d'opinion, était ces dernières années beaucoup plus eurosceptique que ses voisins d'Europe centrale. La République tchèque a fait mieux que la Hongrie (moins de 46%) et que la Slovaquie (52%), mais moins bien que la Pologne (près de 59%) et que la Lituanie (plus de 63 %).

Il est désormais acquis que les principales économies d'Europe centrale feront partie de l'Union. Parmi les dix pays invités, seuls les deux petits Etats baltes d'Estonie et de Lettonie doivent encore voter en septembre, tandis que Chypre n'a pas prévu de tenir de référendum.

Le gouvernement de Vladimir Spidla avait longtemps craint des résultats décevants. Mais la stratégie consistant à faire voter les Tchèques en dernier dans l'Europe centrale a finalement fonctionné. Nombres de Tchèques ne pouvaient s'imaginer hors de l'UE alors que les Slovaques, avec qui ils formaient un pays unique jusqu'au 1er janvier 1993, avaient déjà leur billet d'entrée.

Sans surprise, le plus fort soutien au Oui est venu des étudiants (88% de Oui) et des électeurs ayant une éducation supérieure (86%), selon des sondages à la sortie des urnes.

En revanche, les chômeurs se sont moins enthousiasmés avec seulement 65% de Oui. Et la participation a été particulièrement basse en Bohème du nord (50,02%) et en Moravie du nord (49,57%), régions fortement touchées par le chômage. Les mines et aciéries, qui y faisaient la fierté du régime communistes, ont été fermées ou drastiquement restructurées.

La large victoire du Oui est aussi un revers pour le puissant parti communiste, héritier du régime dictatorial disparu fin 1989, qui représente encore environ 20% de l'électorat.

Selon les sondages, 40% des électeurs communistes ont voté pour l'adhésion malgré l'opposition de la direction du parti à l'Union européenne. Le succès du Oui prend aussi à contre-pied le président Vaclav Klaus, un eurosceptique notoire, qui s'est singularisé en étant le seul dirigeant des pays invités dans l'UE à ne pas appeler à voter Oui. Il s'est même refusé à dire comment il voterait.

Un total de 8,260 millions d'électeurs étaient appelés à participer au premier référendum de l'histoire de la République tchèque issue d'une partition à l'amiable de la Tchécoslovaquie en 1993. Contrairement à la Pologne ou à la Slovaquie, aucun seuil minimum de participation n'était requis pour valider le scrutin, qui a été organisé sur deux jours vendredi après-midi et samedi


PRAGUE (extraits AFP), le 14-06-2003