La tuberculose sévit dans les prisons azerbaïdjanaises
2003-06-23

La tuberculose sévit dans les prisons azerbaïdjanaises



49 % des prisonniers d'Azerbaïdjan ont la tuberculose, c'est l'étonnante statistique qu'a annoncée une conférence internationale qui s'est tenue en mai à Bakou.

Ces dernières années, les trois-quarts des décès en prison sont dus à cette maladie. En 2002, ce phénomène a concerné 178 des 230 personnes décédées en prison, soit 13 de plus qu'en 2001. Mais ce fléau est au moins inscrit sur l'agenda des autorités sanitaires.

La conférence de mai sur ce thème était organisée conjointement par le ministère azerbaïdjanais de la Justice et le Comité international de la Croix rouge. Elle s'est attachée à rechercher les moyens de combattre cette épidémie et elle a noté des développements positifs du dossier. Par exemple, les militants des Droits de l'Homme ont noté qu'aucun des 70 mineurs détenus n'avaient contracté la maladie. L'hôpital de la prison centrale de Bakou dispose maintenant d'un laboratoire permettant le diagnostic de la tuberculose chez les femmes.

Mais arrêter l'épidémie ne sera pas facile. Une des raisons tient à la corruption qui prévaut dans les prisons d'Azerbaïdjan. Les prisonniers malades, en effet, sont obligés de payer leur propre traitement. "Pour obtenir une place à l'hôpital, vous devez mettre la main à la poche", déclare un ancien détenu, Teimur Abdulkhanly. "Le seul fait d'occuper un lit coûte environ 50 dollars par semaine. Il faut ajouter le prix du médicament. Résultat : un certain nombre de salles d'hôpital sont remplis de détenus qui ont les moyens de se payer l'hébergement".



Source

: "Institute for War & Peace Reporting"/Caucasus Reporting Service No. 184, 19 juin 2003