Vassil Bykov (1924-2003), écrivain biélorusse
2010-01-18

Mort d'un cancer à l'estomac dimanche 22 juin soir à Minsk à l'âge de 79 ans, Vassil Bykov était l'un des écrivais majeurs de la Biélorussie.

Disparition de Vassil Bykov, écrivain biélorusse



Après avoir connu enfant la famine causée par la collectivisation de l'agriculture, il s'était porté volontaire comme artilleur en 1941, alors qu'il avait 17 ans.

Premier auteur à avoir parlé, à partir des années 60, de l'horreur de la Seconde Guerre mondiale, il en avait exploré, dans un style réaliste, les enjuex psychologiques et moraux. Il avait aussi été un de ceux qui, après l'indépendance de la Biélorussie en 1991, avait dénoncé l'autoritarisme du président Alexandre Loukachenko dont la politique de machine arrière allait dans le sens d'un resserrement des liens économiques et culturels entre Minsk et Moscou. Expression de l'opposition démocratique s'appuyant sur un sentiment international d'indignation, la création de la "Charte 97", tout comme l'initiative tchécoslovaque de 1977 à laquelle elle faisait référence, était le fait d'intellectuels dont Vassil Bykov était alors la figure de proue.

Comme le Hongrois Imre Kertész, Vassil Bykov a écrit ses premiers romans importants dans les années 60 (dont certains, Dans le brouillard et La traque, traduits en français). Comme lui, il a subi une longue censure jusqu'à la glasnost décidée par Moscou. A l'époque de Brejnev , l'oeuvre de Vassil Bykov ne trouvait refuge que dans les pages de Novy Mir ("Le nouveau Monde"), la plus prestigieuse revue littéraire soviétique que dirigeait le poète Tvardovski et qui avit publié également Soljenitsyne.

Attaqué longtemps de toutes parts, par la presse comme par le pouvoir, victime de l'hostilité de la plupart des écrivains officiels, Bykov ne put publier ses livres en Biélorussie. Ce qui n'empêcha pas une rapide reconnaissance internationale. La postérité retiendra le nom de celui qui, avec audace et originalité, évoquait inlassablement cette Seconde Guerre mondiale dont la Biélorussie, parmi toutes les ex-républiques soviétiques, eut le plus à souffrir.

Source

: Le Figaro du 24 juin 2003