Les Lives
2003-06-30

Les Lives




Ethnonymes



Les Lives eux-mêmes se désignent sous le nom de rândalist (« gens de la côte »). Le nom qu'ils donnent à leur langue est rândakêl (« langue de la côte »).

Population



Le nombre total de locuteurs de la langue live est évalué à une quarantaine de personnes. Mais seules huit d'entre elles (en 2001) ont le live comme langue maternelle. Le plus jeune de ces locuteurs « natifs » est né en 1926. Le nombre de personnes se considérant comme des Lives, sans forcément parler la langue, est d'environ 230.

Localisation géographique



Les locuteurs « natifs » habitent à la pointe nord de la péninsule de Courlande (en Lettonie), dans quelques villages de pêcheurs. Les autres personnes se considérant comme des Lives résident en majorité dans les villes de Riga et Ventspils.

Histoire



Les Lives sont mentionnés pour la première fois au XIIe siècle, dans une chronique russe, la « chronique de Nestor », qui parle d'un peuple nommé ljubî ou libî. On trouve à leur sujet des informations plus détaillées dans la chronique d'Henri le Letton, qui relate la conquête et la christianisation de la Livonie par les chevaliers Porte-Glaive, à la fin du XIIe siècle et au début du XIIIe. Les Lives habitaient alors dans toute la Livonie et en Courlande. Au fil des siècles, leur aire de peuplement n'a cessé de se réduire.

La période 1920-1940 fut pour les Lives une période de floraison culturelle sans précédent. En 1923 fut fondée l'Union des Lives (Lîvõd Lît) et les Lives se dotèrent d'un drapeau national (à trois bandes horizontales vert-blanc-bleu). Le live commença à être enseigné dans les écoles comme matière optionnelle. Des chorales furent formées. Une vingtaine de livres en live furent publiés en Estonie et en Finlande. En 1930 commença même à paraître le premier périodique en langue live, Lîvli. En 1939 fut ouverte la Maison du peuple live, qui aurait pu jouer un rôle important dans la vie culturelle si l'histoire lui en avait laissé le temps.

L'instauration du pouvoir soviétique en Lettonie, en 1940, mit brusquement un terme à ces évolutions. L'Union des Lives fut interdite, la Maison du peuple fermée. Ce n'est qu'en 1972 que purent être fondées deux chorales, Lîvlist à Riga et Kândla à Ventspilsi, qui devinrent les principaux vecteurs de la culture live en Lettonie.

L'année 1988 marqua le début d'un renouveau culturel. L'Union des Lives fut rétablie, des publications en live virent le jour. Depuis 1989 se déroule chaque année, le premier week-end du mois d'août à Irê, une grande fête des Lives. Des camps d'été sont organisés depuis 1992 pour les enfants d'origine live, notamment pour leur apprendre la langue. Le journal Lîvli a recommencé à paraître (mais la plupart des articles sont désormais en letton). Un Centre culturel live a été fondé en 1994 ; il a notamment publié une revue en langue live, Õvâ. L'attitude des pouvoir publics de la Lettonie indépendante s'est révélée plus favorable qu'elle ne l'avait été pendant l'entre-deux-guerres : en 1991, les Lives ont été reconnus officiellement peuple autochtone de Lettonie et leur zone de peuplement actuelle a été placée sous la protection spéciale de l'État en tant que « territoire historique et culturel des Lives » ; depuis 1995, le live est enseigné à l'université lettone.

Langue



Le live appartient au sous-groupe méridional du groupe des langues fenniques. Proche de l'estonien, il a subi, dans son vocabulaire, sa prononciation et ses structures grammaticales, une forte influence du letton. Le live parlé en Courlande se subdivisait en un dialecte occidental et un dialecte oriental, différenciés principalement par les voyelles. La langue écrite est fondée sur le dialecte oriental. Le premier livre en live, l'évangile selon saint Matthieu, fut publié en 1863.

Bibliographie



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Kettunen, Lauri. Livisches Wörterbuch mit grammatischer Einleitung. Helsinki, 1938.

Tõnisson, Evald. Die Gauja-Liven und ihre materielle Kultur : II. Jh. - Anfang 13. Jhs. Tallinn : Eesti Raamat, 1974. 209 S.

Mürk, H. « A Letter on the Ethnic Situation of the Livonians » // Ural-Altaische Jahrbücher. Wiesbaden, 1987. Bd. 59. - Pp. 133-134.

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