Biélorussie : un journaliste russe expulsé (2003)
2013-12-12

Belarus :
un journaliste russe expulsé



Reporters sans frontières proteste contre l'expulsion, le 28 juin, de

Pavel
Seline

, correspondant à Minsk de la chaîne de télévision russe NTV, en
raison de la diffusion d'un reportage jugé "tendancieux" sur l'enterrement
d'un écrivain et opposant au président Loukachenko. Le ministère des
Affaires étrangères bélarusse a également privé le journaliste de son
accréditation, lui a interdit l'accès au territoire du pays pendant cinq ans
et a appelé à la fermeture de la représentation de la chaîne tant que des
excuses n'auront pas été présentées à l'écran.

Alors qu'en quelques semaines, au moins cinq journaux indépendants ont été
suspendus, l'expulsion de Pavel Seline et la menace de refuser l'accès du
pays à NTV, apparaissent comme le résultat d'une politique délibérée visant
à détruire le pluralisme de l'information au Bélarus. Si les autorités
interdisent effectivement à cette chaîne de couvrir l'actualité dans ce
pays, elles priveront le public d'une des seules sources d'informations non
officielles aisément accessibles. L'organisation demande aux autorités de
revenir sur leur décision et de permettre à Pavel Seline de travailler à
nouveau au Bélarus et, de façon générale, de ne pas entraver le travail des
journalistes étrangers.

Le 27 juin, le ministère des Affaires étrangères a demandé à Pavel Seline de
s'expliquer au sujet d'un reportage sur les obsèques de l'écrivain Pavel
Bykov, diffusé le 25 juin, dans lequel le journaliste affirmait que la
police avait sciemment entravé le défilé du cortège funèbre composé de 20
000 personnes et que la veuve de l'écrivain avait été privée de son
autorisation de résidence à Minsk. Le reportage mettait également l'accent
sur la présence du drapeau rouge et blanc utilisé au moment de
l'indépendance du Bélarus mais désormais interdit, et symbole de
contestation au régime du président Loukachenko. Le journaliste, qui s'est
vu signifier par le ministère de l'Intérieur son expulsion le 28 juin,
estime que les autorités lui reprochent plus particulièrement d'avoir donné
la parole à Stanislav Chouchkevitch, premier dirigeant du Bélarus
indépendant, qui a déclaré que "Loukachenko a eu peur de venir à
l'enterrement"
.

Le journaliste avait déjà subi des pressions des autorités en raison des de
sa couverture de l'actualité au Bélarus. Le 25 avril 2002, le ministère des
Affaires étrangères avait annoncé lui avoir donné un avertissement pour une
série de reportages sur la répression de l'opposition bélarusse. Le 24
avril, le journaliste avait été convoqué au ministère où il s'était vu
demander "d'apporter un démenti et de présenter des excuses pour ses
informations tendancieuses et infondées"
, diffusées le même mois.




Source

: "Reporters sans frontières" - 29 juin 2003

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