Sûreté nucléaire en Lituanie
2004-07-27

Sûreté nucléaire en Lituanie




La Lituanie exploite la centrale nucléaire d'

Ignalina

équipée de deux réacteurs RBMK d'une capacité nominale de 1 500 MW chacun. Après des pourparlers avec la Commission européenne, le gouvernement lituanien s'est engagé à fermer et démanteler cette centrale dans le cadre de la Stratégie énergétique nationale adoptée par le parlement (le Seimas) en octobre 1999. L'unité 1 d'Ignalina sera arrêtée avant 2005 tandis que la décision de fermeture de l'unité 2 sera prise en 2004. D'après la Commission, celle-ci devrait se faire en 2009 au plus tard.

La conception de base de la centrale d'Ignalina a été considérablement améliorée après plusieurs programmes de renforcement de la sûreté. Certaines préoccupations suscitées par tous les réacteurs RBMK ont trouvé une solution satisfaisante. Toutefois, d'après la WENRA, des défauts de conception graves subsistent, de même que des faiblesses dues à l'absence d'enceinte de confinement, surtout en cas d'accident grave. Les membres de la Commission s'en sont très bien rendu compte lors de leur visite de la centrale d'Ignalina, pendant la session de printemps de l'AP-OTAN de mai 2001, à Vilnius. Il faudra donc porter une attention particulière à la prévention des accidents pendant le reste de la durée de service, notamment en veillant à maintenir un haut niveau de sûreté opérationnelle.

Comme pour la Bulgarie et la Slovaquie, un fonds spécial administré par la BERD financera plusieurs projets pour la première phase du démantèlement des réacteurs d'Ignalina, mais aussi des mesures qui devraient faciliter la restructuration, la mise à niveau et la modernisation des secteurs de production, de transport et de distribution de l'énergie ainsi que des améliorations du rendement énergétique qu'imposera la fermeture de la centrale d'Ignalina. Une conférence internationale pour l'obtention d'engagements de contribution au fonds FIAD pour Ignalina s'est tenue à Vilnius en juin 2000. Des engagements de contributions à hauteur d'un total de 217 millions d'euros ont été faites par la Commission européenne, huit pays de l'Union européenne, la Norvège et la Pologne.

Toutes les activités de projet à la centrale d'Ignalina financées par le CSN sont maintenant terminées. D'après l'association des instances régulatrices du nucléaire en Europe occidentale (WENRA), bien qu'il "ne soit pas concevable [que la centrale d'Ignalina] atteigne un niveau de sûreté comparable à celui des réacteurs d'Europe occidentale de la même période", le système légal et réglementaire de la Lituanie "s'est fortement amélioré au cours des dernières années". D'autre part, un système d'octroi de licences a été mis en place et l'instance réglementaire lituanienne VATESI a relevé le niveau de ses inspections et de ses évaluations de la sûreté.

Source

: Assemblée Parlementaire de l'OTAN - Rapport spécial sur la sûreté nucléaire en Europe Centrale et Orientale (extrait)