Balkans / UE : les Cinq sur les rangs à leur tour (2003)
2012-12-18

Balkans / UE : Les Cinq sur les rangs à leur tour



Le sommet de Salonique a marqué la véritable entrée des cinq pays d'Europe du Sud-Est dans l'agenda européen

et réaffirmé les conclusions du sommet de Zagreb : approche individuelle et coopération régionale. La demande d'adhésion de la Croatie, encouragée par ses bons résultats, vient s'inscrire dans un contexte favorable, à la fois grâce à l'entente nouvelle que connaissent aujourd'hui les pays de la région et à l'émulation que suscite de manière unanime le projet européen.

Au lendemain du bref sommet qui s'est tenu le 21 juin dernier à Salonique entre les cinq pays dits des « Balkans occidentaux » et les Quinze, la Croatie a des raisons d'afficher sa satisfaction. Pour laconique qu'il fut, le président croate, Stipe Mesic [URL : http://www.amb-croatie.fr/actualites/bio_mesic.htm] , n'en a pas moins été clair : « On y a obtenu ce qu'on en attendait ». Si dans l'ensemble on ne peut exclure une certaine forme de courtoisie diplomatique, les Cinq se sont avant tout montrés conscients des priorités de l'élargissement en cours et attentifs aux efforts que la présidence grecque avait déployés pour tenter de leur assurer un statut plus élaboré ainsi qu'une rallonge financière plus substantielle que les 210 millions d'euros finalement débloqués sur le montant de l'aide qui leur avait été précédemment allouée pour la période 2004-2006.

Mais le vrai motif de satisfaction pour la Croatie, comme pour les autres (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Macédoine et Serbie-Monténégro), c'est que le Sud-Est européen a enfin fait sa véritable entrée dans l'agenda européen

. On est en effet sorti du non-dit qui avait marqué les discussions préparatoires du sommet historique de Copenhague réuni en décembre 2002. Certes, si un calendrier précis fait toujours défaut, force est de constater que de « candidats potentiels », dénomination à la fois neutre et abstraite, les cinq pays concernés se sont désormais vu accorder une perspective de vrais candidats dès qu'ils seront prêts, tandis que la demande d¹adhésion [URL : http://www.amb-croatie.fr/actualites/mesic_lemonde_croatie_ue2003..htm>] à l'UE présentée par la Croatie est « actuellement examinée par la Commission ».


« Les progrès de chaque pays sur la voie qui les mène vers l'Union européenne dépendront de la manière dont chacun respectera les critères de Copenhague et des conditions fixées pour le PSA [URL : http://www.amb-croatie.fr/actualites/zg_psa.htm] , qui ont été confirmés dans la déclaration finale du sommet de Zagreb de novembre 2000 »
(Déclaration de Salonique).


Au lendemain de Salonique, on mesure ainsi mieux l'importance des orientations prises durant le Sommet de Zagreb [URL : http://www.amb-croatie.fr/actualites/zg_sommet_pres.htm] , au mois de novembre 2000. Les principes inscrits dans sa déclaration finale [URL : http://www.amb-croatie.fr/actualites/zg_declaration.htm] ont été simplement réaffirmés, peut-être avec davantage de conviction et de précision, même si d¹aucuns n'y verront que la réitération de deux idées-forces : d¹une part, celle de l¹approche individuelle vis-à-vis de chaque pays candidat quant à son rapprochement et son intégration finale dans l¹Union européenne, traitée au cas par cas, et, de l¹autre, celle de leur coopération régionale, notamment sur les plans politique et économique. « Les progrès de chaque pays sur la voie qui les mène vers l'Union européenne dépendront de la manière dont chacun respectera les critères de Copenhague et des conditions fixées pour le Processus de stabilisation et d'association (PSA [URL : http://www.amb-croatie.fr/actualites/zg_psa.htm] ), qui ont été confirmés dans la déclaration finale du sommet de Zagreb de novembre 2000 », réaffirme la déclaration de Salonique.

Compte tenu des disparités économiques [URL : http://www.amb-croatie.fr/croatie/economie.htm#ppa2] entre la Croatie et ses voisins méridionaux, les Cinq constituent un ensemble relativement hétérogène, masquant un niveau économique très inégal. Aussi les carences et les points négatifs méticuleusement énumérés dans l'agenda de Salonique, fussent-ils indistinctement attribués à la zone tout entière par Bruxelles, sont néanmoins loin d'être uniformément répartis parmi les pays concernés. Enfin, ce regroupement un peu trop insistant sous la même étiquette n'est pas de nature à rassurer ceux qui, comme la Croatie, ne veulent à aucun prix risquer ni d'y perdre une indépendance politique chèrement payée. Mais malgré ces différences, parfois de taille, et les spécificités qui sont les leurs, tous partagent un objectif commun, (ré)intégrer la famille européenne aussi vite que possible. C¹est d'ores et déjà le seul projet politique sur la table dans la région.



Source

: site Internat de l'Ambassade de Croatie en France [URL : www.amb-croatie.fr/actualites/]