Les partis politiques au Monténégro (2003)
2012-12-27

Les partis politiques



- Le

Parti démocratique des socialistes du Monténégro

(PDSCG)

Parti de M. Milo Djukanovic et de M. Filip Vujanovic, le PDS a été fondé en 1991, succédant à l'ancienne Ligue des Communistes. Pendant 7 ans, il a gagné toutes les élections et a occupé seul le pouvoir. La scission de 1997, qui a vu le départ des "conservateurs", menés par M. Momir Bulatovic, a amené le parti à se réorganiser et à modifier ses statuts. Trois congrès ont eu lieu depuis. Avec ses alliés, il a gagné l'élection présidentielle de 1997 et les législatives de 1998. La coalition qu'il dirige compte 42 députés sur 78 et détient 12 sur les 21 municipalités du pays (à l'exception des 8 détenues par le SNP, et celle d'Ulcinj, contrôlée par les Albanais). Il se présente comme un parti d'ouverture, notamment à l'égard des minorités. Après une période d'hésitation, le PDS est maintenant déterminé à mener le Monténégro à l'indépendance.

- Le

Parti Social-Démocrate

(SDP)

Le SDP, présidé par M. Zarko Rakcevic, se présente comme le garant des droits de l'Homme, le défenseur de la société civile et de la multiconfessionnalité. Il a été à l'origine de mesures visant à développer notamment la vie associative, et sur trois ministres, deux sont musulmans. Il est membre de l'Internationale socialiste, à titre d'observateur.

Concernant l'indépendance, le SDP a des positions de fond assez proches de celles de l'Alliance Libérale (cf. ci-après). Mais il en diffère par ses motivations : il n'est pas monarchiste et dans les années 1990, il était pour le maintien de l'ex Yougoslavie. Il pense que le référendum de 1992 (sur la fédération yougoslave) a été manipulé. Il représente 3 à 4 % de l'électorat.

- Les

partis albanais



La caractéristique principale des Albanais du Monténégro est qu1ils ne militent pas principalement dans des partis "ethniques". La plupart s'inscrivent dans les partis "classiques" (principalement de la majorité), qui sont de ce fait multiculturels et multiconfessionnels. Au point que les deux partis spécifiquement albanais sont minoritaires dans le pays, même dans les zones où la concentration de la population albanaise est élevée.

La

Ligue Démocratique du Monténégro

(LDM), présidée par M. Mehmet Bardhi, a été pendant les premières années de l'indépendance un parti unitaire, qui a obtenu jusqu'à 4 sièges de députés. Puis est intervenue une scission, menée par M. Ferhat Dinosha. La LDM est partisane, d'une manière plus ouverte et affirmée que l'UDA, d'un Monténégro indépendant, tout en souhaitant que les Albanais trouvent leur place dans ce nouvel Etat. Elle souhaite en effet une réelle intégration des Albanais (et des autres groupes) dans tous les rouages de l'Etat.

L'

Union démocratique des Albanais

(UDA), présidée par M. Ferhat Dinosha, est née d'une scission avec la Ligue démocratique du Monténégro, pour des raisons moins idéologiques que stratégiques. M. Dinosha, estime que les Albanais sont des citoyens de deuxième rang au Monténégro (contrairement, pense-t-il, à ceux de Macédoine, mieux traités). Et pourtant, il s'agit historiquement d'un peuple constitutif du pays, qui n1a aucune autonomie politique, ni culturelle, et n1a pas d1intégration dans les rouages de la vie administrative du Monténégro. L'UDA dispose d'un seul siège de député (comme la LDM) et d'un poste de ministre. M. Dinosha n'est pas hostile à une éventuelle souveraineté du pays, mais il pense que c'est avant tout "l'affaire des Slaves entre eux" et que les minorités ethniques ne doivent pas être les arbitres de la décision : cela risquerait de se retourner contre elles.

- La

coalition de 9 partis fédérés par le SNP

(Socialisticka Narodna Partija).
Ce parti, longtemps présidé par M. Momir Bulatovic, ancien président du Monténégro, est le fruit de la scission du DPS en 1997. Allié à Milosevic, ce parti est favorable au maintien de l'Etat fédéral, et défend le principe de l'égalité des deux républiques. Il se présente comme défenseur de la légalité des lois du Monténégro vis-à-vis de la constitution fédérale, "bafouée par la coalition au pouvoir". Pour lui, l'idée d'une indépendance du Monténégro est une aberration : "Les Serbes et les Monténégrins sont des frères. Il y a en Serbie, plus de Monténégrins qu'au Monténégro même (près de 2 millions, mais en grande partie assimilés). La très grande partie des leaders historiques de Serbie sont originaires du Monténégro (dont Tito et Milosevic)".
Le SNP dénonce le régime de Djukanovic comme étant anti-démocratique. Il s'estime persécuté par le pouvoir en place. Dans ces conditions, le rôle essentiel du parti est de critiquer le gouvernement et de surveiller les fraudes. Le SNP a 29 députés et détient 7 municipalités sur 21.

- Le

parti populaire

(NS), présidé par M. Dragan Soc, se définit comme un parti conservateur, "pas dans le sens rétrograde du terme". Il veut se situer au centre et a des contacts, par exemple avec le parti conservateur britannique. Il est partisan du maintien de l'Etat fédéral, "pour des raisons économiques, historiques, ethnologiques et religieuses". Il ne représente que 2 % de l'électorat. Après l'élection du président fédéral yougoslave Vojislav Kostunica - lui-même partisan du maintien d'une certaine forme de fédération - le NS s'est vraiment comporté comme un parti d'opposition en faisant campagne contre la politique éditoriale de la télévision d'Etat monténégrine - principale base de pouvoir de Djukanovic - et en boycottant le travail sur la législation pour un référendum sur l'indépendance. Le NS a voulu marquer son désaccord avec l'adoption par le gouvernement monténégrin, le jeudi 28 décembre 2000, d'une proposition sur la refonte de la Fédération yougoslave, en se retirant de la coalition au pouvoir.

- À l'inverse, l'

Alliance libérale du Monténégro

, présidée par M. Miroslav Vickovic, a toujours été dans l'opposition. Fondée en 1991, elle ne procède pas de la transformation d'un parti existant sous le régime communiste. Elle s1inspire des idées libérales telles qu'elles sont présentes en Europe et est membre à part entière de l'Internationale libérale. En 1996, elle s'est présentée en coalition avec le Parti populaire et en 1997, elle s'est retrouvée isolée. Elle est très mécontente du processus de transition observé au Monténégro, et le juge même très négatif. Elle ne dispose que de cinq sièges au Parlement et ne dirige aucune municipalité. Elle est pour "la renaissance de l'Etat Monténégrin". En cela, elle est monarchiste et appelle le retour de la dynastie des Petrovic. Elle souhaite la poursuite de la désintégration de l'ex Yougoslavie, momentanément arrêtée au Monténégro par le référendum de 1992. Elle est donc partisane d'un référendum, mais demande d1abord des élections et des avancées démocratiques.