Des milliers de Roumains demandent à récupérer leurs biens confisqués
2012-03-12

Des milliers de Roumains demandent à récupérer leurs biens confisqués par le
PC



Plus de treize ans après la chute de la dictature, la Roumanie est le pays
de l'ex bloc communiste où la restitution des biens nationalisés par le
Parti communiste est la plus problématique.

À la fin des années 1940 et dans
les années 1950, le parti communiste roumain a nationalisé l'industrie,
l'agriculture, mais aussi plus de 200 000 maison, dont une bonne partie
valait à Bucarest le surnom de " petit Paris de l'Orient ". Leurs
propriétaires furent expulsés de force. Les belles villas du vieux Bucarest
ont été achetées dans les années 1990 pour quelques milliers de dollars.
Leur prix varie aujourd'hui de 100 000 à 500 000 euros. Par ailleurs, les
autorités roumaines avaient décidé à l'époque de vendre aux dignitaires les
maisons de fonction, qu'ils devaient quitter à l'expiration de leur mandat.

À la fin 1996, Valerian Stan, chargé du cabinet anticorruption du
gouvernement de centre droit qui succède à l¹équipe de Ion Iliescu, rédige
un rapport à ce sujet, qui finira par lui coûter son poste. La liste qu'il
dresse compte des personnalités de haut niveau, toutes couleurs politiques
confondues, qui ont mis la main sur les maisons nationalisées.

Quelques
exemples : Ion Iliescu, président de la Roumanie, revenu au pouvoir en 2000,
Mugur Isarescu, gouverneur de la Banque nationale, Theodor Stolojan, ancien
premier ministre, Antonie Iorgovan, auteur de la Constitution roumaine, Ion
Talpes, ex chef des services secrets, aujourd'hui conseiller du président,
Ion Taracila, ancien ministre de l¹Intérieur. Le champion en matière
immobilière, selon le rapport de Valerian Stan, semble avoir été l'ancien
premier ministre Petre Roman, qui aurait fait profiter ses proches de bon
nombre de maisons et de terrains de Bucarest.

Après avoir épuisé toutes les voies légales dans leur pays, les
propriétaires abusés ont maintenant la possibilité de s'adresser à la Cour
européenne des Droits de l¹homme. L'État roumain a déjà été sommé par
l'instance de Strasbourg de restituer les maisons nationalisées et de verser
des dédommagements. Sur les 128 000 demandes actuelles de restitution,
seulement 8 000 ont été satisfaites. La Cour européenne de Strasbourg a donc
120 000 clients potentiels en Roumanie. Selon les évaluations des
représentants des propriétaires expulsés, la valeur des dédommagements
s'élèverait à environ 9 milliards d'euros.

D'après l¹article de
Miran Bran dans "Le Monde", 24 juillet 2003).