Zoran Djindjic (1953-2003) , ancien Premier ministre serbe
2010-02-01

Le Premier ministre serbe est mort assassiné mercredi 12 mars 2003, devant le siège du gouvernement, à Belgrade. Bien que moins populaire que Kostunica, Zoran Djindjic était cependant le personnage le plus influent de la vie politique serbe. Arrivé au pouvoir grâce à la victoire du bloc réformiste aux élections législatives de décembre 2000, il a, depuis, tenté d'imposer son image de réformateur partisan du libéralisme économique.

Né il y a cinquante ans à Bosanski Samac, en Bosnie, Zoran Djindjic entame des études de philosophie à l'université de Belgrade. Il est alors emprisonné par le régime communiste de Tito pour avoir pris la tête d'un groupe d'étudiants indépendants et contestataires. À sa libération, il part en Allemagne poursuivre ses études et décrocher son doctorat. De retour à Belgrade en 1989, il y cofonde le Parti démocratique. Anticommuniste pratiquant, pragmatique instinctif, grand admirateur du philosophe Habermas, il flirtera néanmoins avec le nationalisme serbe pendant les années de la guerre. En 1992, il soutient les séparatistes serbes de Bosnie. Il n'hésitera pas non plus à se lancer dans d'infructueuses négociations avec Milosevic dans l'espoir de former un gouvernement de coalition. Ces multiples retournements de veste endommageront pour longtemps sa réputation politique.

En 1996, il forme le bloc d'opposition Zajedno, destiné à surmonter les divisions qui ont toujours empêché les opposants serbes de présenter un front uni aux élections législatives, et en 1997 il sera élu maire de Belgrade. Son véritable retour sur la scène politique s'effectue en 2000, lorsque Milosevic convoque les élections générales qui signeront sa perte. En utilisant ses liens avec l'Occident, mais aussi ses contacts au sein de l'ancien régime, Djindjic permet une transition pacifique au pouvoir. Depuis qu'il avait été nommé premier ministre de Serbie, Djindjic avait su maintenir une ligne directrice pour l'avenir de son pays. Il s'était assigné un objectif prioritaire : préparer l'entrée du pays dans l'Union européenne, selon lui, "dans dix ans au plus tard".

(Le Figaro, le 13 mars 2003)