Vladimir Fedorovski, de Moscou à Paris
2011-01-28

Intreprète de Brejnev, ce diplomate écrivain participe en 1985 au {Mouvement pour les réformes démocratiques}. Il vit aujourd'hui à Paris, où il écrit livres d'histoire et romans en français.


Comment un diplomate soviétique, interprète de Brejnev, devient porte-parole du Mouvement pour les réformes démocratiques dans l'URSS finissante, puis de Boris Eltsine quand celui-ci, juché sur un char, s'opposait au putsch des communistes, puis professeur à HEC-Paris et auteur de romans historiques à succès : c'est l'histoire de Vladimir Fedorovski.

Aujourd'hui, Fedorovski vit entre Paris et Deauville. Il a acquis la nationalité française en 1995, grâce à l'intervention de Jacques Chirac, qui n'avait pas oublié le collaborateur de son ami Boris Eltsine. Chargé de cours à HEC, où il donne deux séminaires - l'un sur "L'histoire secrète de la guerre froide", l'autre, plus économique, sur "Dangers et opportunités à l'Est" -, Fedorovski est aussi conseiller au mémorial de Caen, pour la période de la guerre froide. C'est un auteur prolifique, qui sait allier la précision de l'historien à l'art narratif du romancier - qu'il s'intéresse aux égéries russes, aux ballets, aux tsarines, à Raspoutine ou à Saint-Petersbourg.

1950

: Naissance à Moscou

1972

: Attaché à Nouakchott (Mauritanie)

1985

: Conseiller à Paris. Ecrit "Histoire de la diplomatie française"

1991

: Fondation du Mouvement des réformes démocratiques

1997

: Premier roman : "Les deux soeurs"

Pour sa troisième vie, Vladimir Fedorovski a retrouvé Paris, d'où il regarde avec un mélange de sympathie et de souffrance l'évolution de la Russie. Il prépare son seizième livre, "Le Roman du Kremlin" (Editions du Rocher, à paraître en janvier 2004), des origines au "tsar" actuel, sur lequel il jette un regard critique. Longtemps, on lui a déconseillé de retourner en Russie. Il y est allé au printemps avec son Roman de Saint-Petersbourg (Editions du Rocher - 2003). Les trois cents ans de la ville de Pierre valent bien un pardon.

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Source

: Le Monde du mercredi 3 septembre 2003