L'évolution de la vie associative en Serbie
2003-04-14

L'évolution de la vie associative



Depuis la légalisation du pluralisme social et politique dans la République fédérative de Yougoslavie en 1990, environ 1.200 associations ont émergé dans le pays. Elles diffèrent largement des anciennes associations de citoyens et organisations sociales qui, selon le Bureau fédéral des Statistiques, sont au nombre de 24.000. Les associations maintenant traitent de problèmes entièrement nouveaux : elles participent à des actions politiques, elles se concentrent en priorité sur la promotion des valeurs démocratiques et sur la construction de la société civile. Les catégories les plus importantes de ces organisations, qui sont apparues ces dernières années sont les suivantes : les groupes et organisations militant pour la paix; mes organisations autonomes de femmes, les sociétés et mouvements écologiques, les organisations d'étudiants et de jeunes, des initiatives citoyens diverses pour le développement des collectivités locales.

Toutes ces associations ont été constituées dans des conditions difficiles (guerres, sanctions, hyperinflation). La croissance la plus notable de ces associations a été observée après le mouvement de protestation citoyenne de 1996-1997 (en réaction au refus du gouvernement de reconnaître les résultats des élections locales en Serbie), quand la majorité des organisations d'étudiants et de jeunes ont fait leur apparition. Depuis lors, l'intérêt pour le fait associatif s'est considérablement accru. Depuis 1997 jusqu'au mois de mars 1999, un niveau d'équipement, modeste mais significatif, a pu être atteint. Les associations qui ont émergé au cours des 10 dernières années ont été capable de se bâtir une infrastructure et d'entreprendre des plans à long terme. La majorité des "nouvelles associations" se sont développées dans les villes où l'opposition a pris le pouvoir à la suite des élections locales de 1997 (c'est-à-dire dans 33 communes représentant 3.100.000 habitants, soit la moitié du territoire de la Serbie proprement dite).

En conséquence, est apparu le besoin de réunir et de mettre en réseau le milieu associatif. C'est ainsi que s'est tenu, du 11 au 13 juin 1998, le premier Forum des ONG yougoslaves, à Belgrade, avec la participation de 150 associations. Cette rencontre était organisée par le Centre pour le développement du secteur à but non lucratif (Belgrade), la Fondation pour la Démocratie (Belgrade) et l'Université Ouverte (Subotica), dans le but d'instaurer une coordination souple entre les associations, et d'accélérer les actions en faveur d'un changement de statut des associations au sein de la société. Un second Forum a été organisé à Subotica, du 29 au 31 octobre 1999, après la fin des interventions de l'OTAN. Après la rude épreuve qu'a constitué le bombardement pour la société civile comme pour l'ensemble des citoyens, le secteur associatif relève la tête, d'autant que l'aide internationale est revenue (seule la Fondation Soros est restée pendant les bombardements de l'OTAN). La principale tâche à laquelle tout le monde s'attelle désormais est la reconstruction du pays et de la société. Les dirigeants associatifs, à cet égard, fondent une grande partie de leurs espoirs dans le Pacte de Stabilité pour l'Europe du Sud-Est.

(Zarko Paunovic. Centre pour le développement du secteur à but non lucratif de Belgrade).