Kosovo : la Serbie à la recherche d'une stratégie de sortie (2003)
2013-02-06

Kosovo : la Serbie à la recherche d'une stratégie de sortie



À quelques jours de la conférence qui s'ouvre à Vienne le 14 octobre 2003, la Serbie cherche à résoudre un point épineux : comment renoncer pour toujours à l'administration du Kosovo, ce qui est déjà le cas, sans renoncer à ses droits formels sur ce territoire ? En d¹autres termes, et sans en avoir l'air, la Serbie est à la recherche d¹une stratégie de sortie...

Les dossiers dont a hérité le nouveau chef de la MINUK au Kosovo, Harri Holkeri, ne lui laissent ni répit ni grande espérance : les attentes insatisfaites des deux principales parties opposées, albanaise et serbes, prouvent que les intentions de la résolution 1244 du Conseil de sécurité, qui a pris au Kosovo le statut d'une sorte de Livre saint auquel personne ne croit, peuvent être interprétées assez librement.

L'incapacité de l'administration internationale d'imposer une interprétation « officielle » des intentions et des objectifs de la Résolution 1244 a créé, chez les Albanais, la conviction qu'une société saine ne pouvait être bâtie sans souveraineté. C'est pourquoi, depuis que le pouvoir serbe a été chassé du Kosovo, ils persistent à revendiquer l'indépendance du Kosovo. Maintenant et tout de suite. Les Albanais savent bien qu'ils n¹obtiendront pas leur indépendance à Vienne, mais leurs conseillers ont clairement expliqué que Vienne était le point de départ sur la voie de l'indépendance, et les dirigeants albanais n'ont donc aucune raison sérieuse de rechercher un autre train, qui les emmènerait au but.

Les Serbes interprètent l'inefficacité de la communauté internationale comme une occasion favorable pour souligner leur penchant aux mêmes objectifs que ceux auxquels aspirent la communauté internationale, avant tout un Kosovo multiethnique. Ils cherchent aussi à montrer que le côté albanais est le «facteur déstabilisateur» pour la réalisation des objectifs élevés mentionnés dans la Résolution. Les Serbes, dans leur impuissance, demandent que la communauté internationale fasse pression sur les Albanais pour qu'un plus grand « espace vital » soit laissé au Kosovo aux Serbes, aux Roms et aux Turcs, et à tous les autres groupes minoritaires utilisés par l¹ancien pouvoir lors des négociations de Rambouillet.


Extraits de l'article de Branislav Milosevic, paru dans "Reporter", le 7 octobre 2003, traduit par Persa Aligrudic et publié en ligne par "Courrier des Balkans" le 12 octobre.

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