Economie des PECO entrant dans l'Union Européenne (2003)
2011-04-06

Economie des PECO entrant dans l'Union Européenne



Dépenses d'éducation : peu orientées vers les nouvelles technologies de l'information et de la communication



Les systèmes éducatifs des pays adhérant à l'UE font face à des défis
similaires à ceux des pays membres : élever la proportion des hautes
qualifications, assurer une formation tout au long de la vie et répondre aux
nouveaux besoins des entreprises. Où en sont les PECO par rapport à ces
objectifs, éléments clés du succès de la stratégie européenne définie au
sommet de Lisbonne ?

Un effort de formation comparable à celui de l1Union



Relativement à leur richesse, la part des ressources publiques consacrée à
l'éducation est en moyenne proche de celle de l'UE (respectivement 5,1 et
5,3 % du PIB), même si 2 groupes se distinguent: les trois états baltes, proches
du modèle nordique, où les dépenses publiques d'éducation ont régulièrement
augmenté au cours de la décennie 90 et, à l'autre extrémité, la Roumanie où
elles sont insuffisantes. Ce constat global demeure lorsque l'on considère les
dépenses par étudiant, qui en 1999 s'élevaient à 23 % du PIB par habitant en
Pologne, 22 % en République tchèque, 24 % en Hongrie, 29 % en Lettonie
contre 25 % dans l'UE 15. En termes absolus, les dépenses par étudiant sont
évidemment nettement inférieures à celles dans l'Union et s'échelonnent, en
Standard de Pouvoir d'Achat, entre 1 716 euros pour la Lettonie et 4 266 euros
pour Chypre (pour les pays de la première vague).

- La structure des dépenses s'avère très variable. Ainsi les dépenses de
personnel sont très faibles en République tchèque (56% du total) par rapport à
celles de fonctionnement (achat de matériel) et d'investissement, du fait,
notamment, du bas niveau de salaires des enseignants. En Lettonie, en
revanche, elles en représentent la quasi totalité (87 % contre 73 % en moyenne
dans l1Union, 64 % en Pologne et 66 % en Hongrie).

- Les dépenses ne se sont, semble-t-il, pas toujours ajustées aux évolutions
démographiques. Le nombre de professeurs par élève est parfois
« anormalement » élevé, comme en Bulgarie par exemple où ce ratio est
supérieur à la moyenne OCDE, alors que parallèlement le salaire moyen des
enseignants y est peu attractif (130 euros par mois, soit sensiblement moins que le
salaire moyen). Certaines structures sont par ailleurs dupliquées et la
répartition des effectifs par classe parfois déséquilibrée.

- L'enseignement supérieur se « démocratise », mais demeure insuffisamment
orienté vers les nouvelles technologies.

- Dans la plupart des PECO, le niveau moyen de qualification de la population
est élevé, lorsqu'il est mesuré par la part des 25-64 ans ayant atteint au moins
un niveau de formation secondaire généraliste ou professionnelle (un peu plus
de 80 % contre 64 % dans l1UE 15). Cela s'explique par la forte proportion du
niveau de formation moyen, héritage de la période communiste et de son
paradigme industriel (voir Revue Elargissement n° 8).

- La part de la population active ayant un niveau de formation supérieur
demeure toutefois faible et nettement inférieure à la moyenne UE (21 %) qui
est elle-même jugée insuffisante par la Commission. Si cet indicateur sur
l'ensemble de la population apparaît comme « médiocre » (d1autant plus que
l'ancienne classification retenue en économie planifiée ne correspond pas
fidèlement aux standards ouest européens), la participation au troisième cycle
s'est intensifiée pour les jeunes générations. La proportion des étudiants du
supérieur dans les classes d'âge de 20 à 24 ans n'est sensiblement inférieure à
la moyenne UE que pour quelques pays : de façon assez surprenante en République
tchèque et en Hongrie, mais aussi en Slovaquie et en Roumanie.

- Les performances sont moins satisfaisantes si l'on considère les formations
scientifiques et technologiques. En 2000, la part des diplômés en sciences et
technologie parmi les 20-29 ans, bien qu'en croissance, est nettement inférieure
au niveau de 2 % atteint en France. Mais surtout, l'équipement des écoles en
ordinateurs et accès à Internet restent faibles : en Pologne, par exemple, le
nombre d'ordinateurs par élève est 3 fois plus faible que la moyenne de l1UE.



Source

: Christian GIANELLA - revue "ÉLARGISSEMENT" No 52 - 13 octobre 2003 © MINEFI - DREE/TRESOR.

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