Heydar Aliev (1923-2003), ancien président de l'Azerbaïdjan
2010-01-17

L'ancien président azerbaïdjanais Heydar Aliev est décédé le 12 décembre 2003 dans un hôpital de Cleveland aux Etats-Unis, à l'âge de 80 ans. Ses obsèques ont été célébrées à Bakou le 15 décembre devant une foule immense et en présence de nombreux chefs d'États ou de gouvernement. Né en mai 1923 dans l'enclave azerbaïdjanaise du Nakhichevan, entre l'Arménie, l'Iran et la Turquie, il entre à 18 ans dans la police secrète stalinienne et franchit rapidement les échelons de la hiérarchie. Il obtient en 1947 son diplôme de l'académie du KGB de Léningrad. En 1960, il devient chef du KGB d'Azerbaïdjan et 9 ans plus tard, il est nommé premier secrétaire du parti communiste de la République. Il s'emploie à promouvoir son pays au sein de l'URSS et à placer ses compatriotes à des postes élevés dans le système soviétique. Heydar Aliev se lie d'amitié avec Brejnev au moment de la Perestroïka. À la mort de ce dernier, en 1982, il devient vice-premier ministre de l'Union soviétique, ce qui lui donne une énorme influence. Mais son étoile pâlit lorsque Mikhaïl Gorbatchev accède au pouvoir. Deux ans plus tard, il est amené à démissionner pour des raisons de santé. Il ressent les premiers signes de la maladie cardiaque qui l'emportera vingt ans plus tard. À ce moment-là, sa carrière semble compromise. Mais c'est mal le connaître. Il revient sur la scène politique en janvier 1990, en dénonçant énergiquement l'intervention sanglante de l'armée soviétique à Bakou. L'année suivante, il retourne dans sa région natale du Nakhichevan, où il devient président du Parlement local. Quand l'Azerbaïdjan acquiert son indépendance, il transforme le Nakhichevan en région semi-autonome. Il succède en octobre 1993 au président Elchibey, empêtré dans le conflit arméno-azerbaïdjanais du Haut-Karabagh. Une fois élu, il négocie secrètement avec le leader arménien Robert Kotcharian à Moscou. Mais, après l'échec des négociations, il lance une campagne militaire qui se révélera meurtrière. En mai 1994, il négocie un cessez-le-feu avec les Arméniens. Aliev restaure peu à peu la stabilité dans le pays, au prix de certains accrocs à la démocratie. Son plus grand succès consiste à négocier une série d'accords pétroliers appelés à faire jouer à l'Azerbaïdjan un rôle croissant dans la politique énergétique internationale. Il noue une alliance stratégique avec son vieil opposant idéologique du temps de Gorbatchev, le président géorgien Édouard Chevarnadze. Quand Poutine arrive au pouvoir, les relations entre la Russie et l'Azerbaïdjan connaissent un réel progrès. Sentant ses forces décliner, Heydar Aliev fait pression sur son fils Ilham pour lui succéder à la présidence du pays. Bien que réticent à s'engager en politique, ce dernier finit par céder à la demande de son père et, après un court passage à la tête du gouvernement, devient président de l'Azerbaïdjan lors de l'élection présidentielle d'octobre 2003. (D'après une nécrologie établie par Thomas de Waal et Shahin Rzayev, correspondants de l'IWPR à Bakou). l