L'intégration européenne vue de Prague, par le nouvel ambassadeur tchèque en France
2013-03-05

M. Pavel Fischer, ambassadeur de la République tchèque en France, a prononcé le 12 février 2004, une conférence au ministère de la Justice, sur l'invitation de Mme Isabelle Toulemonde, chef du Service des Affaires européennes et internationales. M. Fischer parle un français parfait , car il a été étudiant à l'Ecole Nationale d'Administration (l'ENA). Il a fait partie du Conseil politique du Président Vaclav Havel. Il s'est exprimé de façon très claire et chaleureuse sur {" L'intégration européenne vue de Prague"}, avec, à ses côtés, M. Jean-Michel Lepelletier, un juriste français travaillant en République tchèque.

Un besoin énorme de savoir-faire et de compétences se ressentait, après 1989, dans son pays qui avait perdu la tradition démocratique dont il avait joui pendant l'entre-deux-guerres, grâce au Président Masaryk. L'Union européenne constituait la référence. L'intégration dans cette Union est à la fois un fardeau et un devoir, mais aussi un vecteur et un levier. Pour s'appuyer sur des textes constitutifs européens, il a fallu les traduire rapidement et, sous cette impulsion, les jeunes Tchèques se sont orientés vers l'étude des langues.
Après 1992, la personnalisation de la vie institutionnelle du pays s'est développée avec, par exemple, la Cour des Comptes, la Banque Centrale, le Médiateur… La mise en place tardive du Sénat en 1996, suite au travail d'une cellule spécifique de réflexion, a fait gagner à cette chambre une autorité conséquente.
Le remplacement des juges a été progressivement effectué après 1989 pour s'assurer de leur probité et évincer ceux qui avaient eu une conduite reprochable sous la période communiste. La plupart des juges nommés ont voulu s'installer dans les régions d'où ils étaient originaires, refusant souvent la mobilité. D'autres ont préféré devenir avocats ; parmi ces derniers, certains ont souhaité retourner à la magistrature. Un grand pôle justice a été installé à Brno, grâce à la personnalité de M. Motejl (francophone comme beaucoup d'élites tchèques) et au prestige de la Faculté de Droit.
La position géographique de la République tchèque ayant des frontières avec la Slovaquie, la Pologne, l'Allemagne, l'Autriche, la place au cœur de l'Europe. Les fondations, telle celle de Vysegrad pour le développement de la culture, mise en place par la République tchèque, la Slovaquie, la Pologne et la Hongrie, favorisent les eurorégions. Il faut soutenir aussi les jumelages et les associations, encourager leur développement.
L'intérêt des Tchèques pour l'Union européenne existe. En témoigne le vote massif des retraités en sa faveur, des retraités qui ont envie que la vie de leurs enfants et petits-enfants soit meilleure. Ce vote a prouvé que l'on recherche ce qui nous ressemble. C'est une exigence historique.
Danièle Monmarte, vice-présidente du COLISEE