Tendances générales de l'économie biélorusse (février 2004)
2014-01-14

Après une hausse de 4,7 % en 2002, la Biélorussie a enregistré, en 2003, une nouvelle croissance du PIB de 6,8 %, soit une performance supérieure à la prévision initiale de + 6 % / + 6,5 %. Dans ce pays où la structure de l'économie a peu évolué par rapport à l'époque soviétique, l'industrie et l'agriculture constituent des parts relativement importantes du PIB, respectivement 47,7 % et 7,7 %, alors que les services restent, à l'inverse, relativement peu développés (44,6 %). Ces bons résultats, en termes de croissance, doivent cependant être relativisés : les données statistiques publiques biélorusses sont sujettes à discussion en raison de leur caractère optimiste ; de plus, ces performances macroéconomiques sont largement artificielles, l'économie biélorusse restant administrée de façon centralisée et bénéficiant de fournitures énergétiques de la Russie "à prix d'amis".
Les bons résultats globaux sont d'ailleurs tempérés par le maintien d'une inflation élevée (25,4 %), qui demeure un point noir de l'économie biélorusse, bien qu'en diminution (34,8 % en 2002). La persistance d'une inflation élevée est en grande partie due à l'octroi par les autorités de hausses de salaires supérieures aux gains de productivité. De plus, la situation des finances publiques est également fragile (alors que le déficit était encore de 0,8 % à l'issue des 11 premiers mois, sa prévision finale a été portée à 2,3 % pour l'ensemble de l'année 2003), dû au fait de la détérioration des rentrées fiscales, alors que l'Etat a conservé d'importants engagements sociaux. Enfin, le secteur bancaire n'est pas en mesure de jouer efficacement son rôle d'intermédiation en raison de sa petite taille (l'actif net représente moins de 28 % du PIB), de la concentration à 60 % des dépôts des ménages au profit de la Belarusbank et de l'obligation faite par l'Etat aux banques commerciales de financer les entreprises déficitaires.
La lenteur des réformes a permis de conserver des structures de production quasi inchangées depuis la période soviétique. Ainsi, la part du secteur privé dans l'économie demeure très faible (15 % du PIB environ) et tend même à se réduire (environ 20 % au milieu des années 90). Ces éléments, ajoutés à la persistance d'une réglementation décourageant l'activité économique, expliquent le caractère non compétitif de l'économie biélorusse et la situation financière déficitaire de plus de 40 % des entreprises.



(Source : poste d'expansion économique - DREE, Ambassade de France à Moscou. Paul Hunsinger/Patrick Le Gauthier)