L'Union russo-biélorusse dans l'impasse (février 2004)
2012-02-27

Héritage de la période soviétique, durant laquelle la Biélorussie était "l'atelier d'assemblage" de l'URSS, les performances économiques biélorusses et russes restent très liées, leurs structures de production étant largement complémentaires. Rappelons que 54 % des exportations et 63 % des importations biélorusses se font avec la Russie. Aussi le président Loukachenko a-t-il entamé, dès 1996, une politique de rapprochement avec son grand voisin. La Russie et la Biélorussie ont signé, en 2000, un projet d'unification monétaire, qui doit entrer en application en 2005 et conduire à la mise en place d'une devise commune à partir de 2008. Mais, alors que Moscou avait proposé d'avancer le processus à 2004, le président Loukachenko se montre réticent, craignant la perte de souveraineté qui résulterait du modèle proposé par la Russie. Alors que les partenaires tentent à présent de construire une union monétaire, le président biélorusse hésite à franchir ce pas qui pourrait lui être fatal d'un point de vue politique. Face à cette situation, la Russie a fait savoir qu'elle n'était plus disposée à poursuivre les livraisons de gaz à la Biélorussie aux conditions du marché intérieur russe. L'alourdissement de la facture énergétique qui en résulterait (environ 250 MUSD) ne peut que détériorer encore plus la compétitivité des entreprises biélorusses. Depuis qu'il existe, ce projet a pourtant contribué à certaines évolutions positives. A titre d'exemples, les autorités biélorusses ont entrepris de réformer le code fiscal pour l'aligner sur le code fiscal russe (diminution de la TVA de 20 % à 18 % à compter de 2004 ; simplification de l'impôt sur le revenu), d'assouplir le contrôle des changes, ainsi que d'améliorer le cadre juridique des entreprises (enregistrement et liquidation).
L'immobilisme des autorités biélorusses en matière de politique économique a mené le pays dans l'impasse. Déjà isolée sur le plan politique, la Biélorussie se trouve à présent mise sous pression par son principal partenaire. De ce fait, il ne semble rester qu'une seule alternative, entre une dégradation accélérée de la situation économique et sociale du pays et une unification économique et monétaire aux conditions de la Russie.


(Source : poste d'expansion économique - DREE, Ambassade de France à Moscou. Paul Hunsinger/Patrick Le Gauthier)