Evolution politique récente (novembre-décembre 2003)
2004-02-20

Trois élections se sont tenues le même jour, le 26 novembre 2000 : le renouvellement du Sénat (140 sièges) et de l'Assemblée (341 sièges), ainsi que le premier tour de l'élection présidentielle.

Ces scrutins ont vu la défaite sévère de la coalition sortante (qui soutenait le président Constantinescu et le premier ministre Mugur Isarecu, lequel s'est présenté à l'élection présidentielle) et le retour triomphal de l'équipe politique qui avait gouverné le pays de 1992 à 1996, sous la conduite du président Ion Iliescu. Ce dernier a été élu au second tour de scrutin, le 10 décembre, battant un candidat populiste et nationaliste, M. Corneliu Vadim Tudor (leader du PRM - Parti de la grande Roumanie), dont le score impressionnant du premier tour (28, 34 %) a surpris tous les observateurs. Un réflexe "républicain" a rassemblé une grande partie des voix de droite et du centre sur Ion Iliescu, bien que celui-ci soit social-démocrate, accentuant son score au deuxième tour. Cette attitude - que les responsables politiques concernés qualifient "d'opposition constructive" - s'est poursuivie après la nomination du premier ministre, Adrian Nastase, président du parti vainqueur, le PDSR (Parti de la démocratie sociale de Roumanie). Une sorte de pacte de non-agression a été en effet conclu entre les trois principaux partis qui formaient la coalition sortante - Parti national libéral, Parti Démocrate et Union démocratique des Magyars de Roumanie - et le nouveau premier ministre : en échange d'un engagement de ne pas chercher à renverser le gouvernement avant un an, M. Nastase a promis de rendre compte tous les six mois de l'état d'avancement des réformes et à consulter l'opposition démocratique sur les grands défis qui attendent le pays, aussi bien sur le terrain économique (notamment l'accélération des privatisations) qu'en matière de politique étrangère.