Azerbaïdjan : Répression post-électorale
2004-05-14

Au lendemain de l'élection présidentielle contestée du 15 octobre 2003, les autorités d'Azerbaïdjan ont lancé une vague de répression contre des dirigeants, des journalistes et des militants de l'opposition. Ilham Aliev, le fils du président sortant Gueïdar Aliev, a été déclaré élu avec 79,5 % des voix au terme d'un scrutin "entaché d'irrégularités", selon les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Pour Elmar Gousseïnov, un journaliste sans appartenance politique qui édite quasi clandestinement sa revue hebdomadaire Monitor : "80 %, ce résultat discrédite Ilham Aliev et place le pays au rang du Turkménistan ou de la Biélorussie. Avec 55 % des voix, personne n'aurait rien dit. 80 %, c'est ressenti comme une offense. C'est une façon de faire comprendre à ceux qui ont voté contre Ilham Aliev qu'ils n'existent pas"


En quatre jours, du 17 au 21 octobre, près de 300 personnes ont été arrêtées, dont le président du Parti démocratique, Serdar Calaloglu ; le vice-président du parti Musavat, Ibrahim Ibrahimli ; le chef du Parti du peuple, Panakh Gousseïnov, le député de l'opposition, Igbal Agazade et bien d'autres. Deux responsables politiques, dont Rauf Arifoglu, rédacteur en chef du journal Musavat (le plus gros tirage du pays avec 28 000 exemplaires) ont trouvé refuge à l'ambassade de Norvège.


Les arrestations se poursuivaient lundi 21 octobre. Un journaliste, Zabil Mougabiloglu, entre autres, a été interpellé sur son lieu de travail. Certains ont disparu. Ainsi nul n'a revu Azer Garachenli, le rédacteur en chef adjoint du journal Avropa, depuis son interpellation, au soir de l'élection. Ces arrestations qualifiées de "politiques" par le porte-parole adjoint du département d'Etat américain, Adam Ereli, inquiètent également le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l'homme (ODIHR) de l'OSCE.


d'après Marie Jégo « Rafles et arrestations de centaines d'opposants en Azerbaïdjan » Le Monde du 22-10-2003