Remaniement ministériel en Roumanie : des gages donnés à la lutte anti-corruption
2008-07-16

Les électeurs roumains ont été appelés, le dimanche 19 octobre, à se prononcer pour ou contre la nouvelle Constitution, harmonisée avec la législation communautaire dans la perspective de l'adhésion de la Roumanie à l'UE. Le "oui" l'a emporté à près de 90 %. Au lendemain de cette consultation, le premier ministre, M. Adrian Nastase a annoncé avoir "accepté" les démissions de trois de ses collaborateurs : le ministre de l'Intégration européenne, Hildegard Puwak, celui de la Santé, Mircea Beuran, et le chef du Secrétariat général du gouvernement, Serban Mihailescu. Les trois membres du cabinet "ont souhaité par leur geste éviter de créer des difficultés au gouvernement, dans ses négociations avec l'UE", a déclaré M. Nastase. Le départ de ces trois responsables était réclamé par l'opposition, qui reprochait à M. Nastase son "hypocrisie", sa "soi-disant lutte contre la corruption se réduisant à de simples déclarations".

La ministre de l'Intégration européenne était notamment accusée d'implication dans une affaire d'utilisation douteuse de fonds européens, obtenus par sa famille. Le ministre de la Santé avait pour sa part été reconnu coupable du "plagiat" de plusieurs guides médicaux américains et français par une commission de l'Université de médecine de Bucarest, qui a décidé de l'exclure du corps professoral. Enfin, le nom de M. Mihailescu était cité dans deux affaires de corruption, deux de ses conseillers ayant été accusés d'avoir demandé des pots-de-vin pour faciliter des transactions commerciales.

Le Premier ministre, qui avait jusqu'ici toujours défendu ses ministres, se disant "convaincu de leur innocence", a finalement estimé que leur maintien en fonction aurait un impact négatif sur la "crédibilité" du gouvernement, notamment sur le plan international. Ces démissions sont en effet intervenues deux semaines avant la publication par Bruxelles de son rapport annuel sur la Roumanie, dont une partie est consacrée aux mesures prises par Bucarest pour enrayer la corruption, un fléau dont l'ampleur est régulièrement fustigée par des responsables européens et américains. Adrian Nastase a donc sacrifié trois de ses principaux ministres dans une démarche visant à convaincre l'Union européenne de sa volonté de lutter contre la corruption.

Le négociateur en chef de la Roumanie avec l'UE, Vasile Puscas, remplace pendant 45 jours Mme Puwak. Le ministre de l'Autorité de contrôle, Ionel Blanculescu, a pris les rênes du ministère de la Santé, tandis que le Secrétariat général du gouvernement a été confié à Eugen Bejenariu, responsable d'une régie d'Etat.