Élections parlementaires russes : un chèque en blanc pour Poutine
2003-12-08

Les élections parlementaires qui se sont tenues dimanche 7 novembre ont vu la victoire du parti du président et de ses alliés : Russie Unie (Edinaïa Rossia), parti soutenu par Vladimir Poutine, a obtenu 36,8% des voix au scrutin proportionnel par liste, en vigueur pour le renouvellement de la moitié des 450 députés, après dépouillement de 90,58% des bulletins, a annoncé lundi la Commission électorale centrale. Compte tenu des pourcentages de voix perdus par les partis qui ne dépassent pas le seuil de 5 %, cette formation obtiendra environ 222 sièges, soit un peu moins de la majorité des sièges. Mais elle pourra compter sur ses alliés : les ultranationalistes du parti LDPR de Vladimir Jirinovski (11,8 %, 38 sièges), et l'alliance nationaliste de gauche, La Patrie (Rodina), parti fondé il y a trois mois et qui obtient 9 % (environ 37 sièges). L’ensemble disposera d'une majorité constitutionnelle des deux tiers permettant d'amender la Constitution, notamment pour rallonger le mandat du président. La seule opposition viendra du parti communiste de Ziouganov, qui a perdu la moitié de ses voix et qui n’obtient que 12,7 % (53 sièges environ). Il a dénoncé une "farce honteuse". Les partis défenseurs des valeurs libérales, Iabloko et l'Union des forces de droite SPS ne sont pas parvenus à franchir la barre des 5% et sont éliminés de la Douma, pour la première fois depuis le début des années 1990.

L'OSCE et le Conseil de l'Europe ont dénoncé le non-respect des règles démocratiques qui ont marqué ce scrutin : "Les élections à la Douma du 7 décembre 2003 n'ont pas répondu à de nombreux engagements pris par les pays membres de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe et du Conseil de l'Europe en ce qui concerne des élections démocratiques", a déclaré le chef de la mission d'observateurs de l'OSCE, Bruce George. "L'usage intensif de l'appareil d'Etat et du favoritisme des médias" en faveur des forces pro-Poutine a mené à "des résultats électoraux en grande partie faussés", et marque une "régression" dans le processus démocratique en Russie, a-t-il ajouté.