Serbie : la vie politique et constitutionnelle continue de s'enliser
2004-05-14

Après les élections du 28 décembre 2003, qui n'ont donné de victoire décisive à aucune formation, les partis démocratiques ont multiplié les négociations pour composer un gouvernement qui puisse faire échec aux ultra-nationalistes. Vojislav Kostunica, président du DSS, formation qui a obtenu le plus grand nombre de sièges parmi les formations démocratiques, a proposé la constitution d’un gouvernement minoritaire comprenant, outre le DSS, le G17+ et la coalition du Mouvement serbe du renouveau (SPO) et de Nouvelle Serbie (NS). Il a écarté de sa liste le parti DS, qui dirigeait le gouvernement sortant, tout en lui proposant de soutenir le nouveau cabinet projeté. Cette décision a provoqué la colère du DS, qui a répliqué en s'abstenant lors de l'élection du président du Parlement, qui s'est déroulée le 27 janvier. Dans un vote public par acclamation des 248 députés présents, le candidat du DSS Dragan Marsicanin a obtenu les 107 voix des députés du Parti démocratique de Serbie (DSS), du G17+ et de la coalition du Mouvement serbe du renouveau (SPO) et de Nouvelle Serbie. La candidate du Parti radical serbe (SRS), Gordana Pop-Lazic, a obtenu les 80 voix des députés de son parti. 61 députés se sont abstenus, dont tous les députés du Parti démocratique (DS) et ceux du Parti socialiste de Serbie (SPS). Pour devenir président de l’assemblée, il fallait obtenir 125 voix, ce qui représente la majorité des 248 députés, en tenant compte des deux abstentions. Si le Parlement n'arrive pas à se doter d'un président - qui est appelé à devenir président de la République par intérim - la crise politique et constitutionnelle ira en s'accentuant et de nouvelles élections législatives - à l'issue incertaine - apparaîtront inéluctables. En attendant, la présidente par intérim, Mme Natasa Micic, présidente du Parlement sortant, continue à exercer ses fonctions. Hervé Collet.