Premières contestations du nouveau président géorgien à propos de la nouvelle constitution
2004-05-14

Le vote de la nouvelle constitution soulève déjà des remous au sein de la
classe politique géorgienne, et pas seulement dans les rangs de
l'opposition. L'attaque la plus frontale est venue d'un des camarades de
combat les plus proches de Saakashvili, Koba Davitashvili, qui a quitté son
poste de président du parti du président, le Mouvement national. Il s'est vu
offrir le poste de ministre de la défense, mais il a déclaré : "Je ne peux
pas garder le silence quand un régime autoritaire est en train de se mettre
en place. La démocratie touche à sa fin en Géorgie et un étau est en train
de se refermer sur la liberté d'expression. Tout ceci a été fait pour
satisfaire les ambitions du futur premier ministre Zourab Zvania".

Un autre ancien allié de Saakashvili, le député Akaky Asatiani, a accusé le
nouveau président de double langage : "Saakashvili avait l'habitude de dire
que Chevardnadze avait des pouvoirs illimités, mais lui-même s'arroge
maintenant le droit de dissoudre le Parlement. Et pourquoi les ministres de
force ne sont-ils pas subordonnés au nouveau Premier ministre ? Et pourquoi,
contrairement à ce qui se fait dans le reste du monde, des changements aussi
importants ne sont-ils pas soumis aux citoyens du pays, pourquoi n'y-a-t-il
pas de discussion publique ?"
.
Quelques ONG, qui ont vigoureusement appuyé Saakashvili au cours des
dernières semaine, expriment également leurs doutes. David Zourabishvili, un
écrivain qui travaille pour l'Institut de la Liberté - organisme qui a été
décrit comme la base idéologique de la "Révolution des Roses" - s'est dit
surpris que le nouveau président ait cru nécessaire de formaliser de tels
pouvoirs alors qu'il bénéficiait d'un fort soutien populaire : "Qu'est-ce
que Saakashvili a contre le modèle existant ? Pourquoi n'a-t-il pas écouté
les opinions venant de la société civile ?".

(Source : Mikhail Vignansky, correspondent en Georgia du journal russe
Vremya Novosty, traduit en anglais par IWPR et en français par H. Collet).