Poutine limoge le gouvernement russe
2004-02-24


Le président russe Vladimir Poutine a limogé le 24 février, par surprise, à moins de trois semaines de l'élection présidentielle, l'ensemble de son gouvernement, afin de "montrer" clairement le cours qu'il entendait donner à la politique du pays au cours de son second mandat.

M. Poutine a demandé au vice-Premier ministre Viktor Khristenko, chargé jusqu'à présent de superviser les questions pétrolières, d'assurer l'intérim à la place du Premier ministre limogé, Mikhaïl Kassianov.

"Conformément (aux pouvoirs que me confère) l'article 117 de la Constitution russe, j'ai pris la décision de démettre le gouvernement", a déclaré M. Poutine, dans une allocution à la télévision.

"Cette démission n'est pas liée à l'appréciation du travail du gouvernement, que j'estime globalement satisfaisant, mais à la volonté de montrer ma position sur la direction que doit prendre le pays après le 14 mars", date de la présidentielle, a-t-il ajouté.

M. Poutine a souligné qu'il présenterait la candidature du prochain chef de gouvernement dans la semaine à venir.

Selon l'article 111 de la Constitution, le président a au maximum deux semaines pour proposer à la Douma (chambre basse du Parlement) la candidature de son prochain Premier ministre. Dans l'attente, les ministres actuels, à l'exception du Premier ministre, assurent l'intérim.

"J'estime que les citoyens de Russie sont en droit de connaître la composition du gouvernement (qui officiera) si je suis réélu à la présidence", a relevé M. Poutine, alors qu'avec une cote de popularité approchant les 80 %, sa victoire est assurée au prochain scrutin.

"C'est du gouvernement que dépend l'avancement de toutes les réformes les plus importantes, administratives, sociales et économiques, du pays. En conséquence, sans attendre la fin de la campagne électorale, je dois vous annoncer la composition de cet organe", a souligné M. Poutine.

La formation immédiate du gouvernement "nous permettra d'éviter l'incertitude (...) et de préserver le rythme des réformes"), a-t-il relevé.
(AFP)