La visite du président Chirac en Hongrie
2008-07-16

En venant en Hongrie, Jacques Chirac a voulu rectifier l'image ternie de la France en Europe Centrale après les quelques "mots de trop" prononcés à l'encontre des nouveaux entrants au soir du sommet du 17 février 2003. Devant le parlement hongrois, il a marqué sa foi dans l'Europe des Vingt-cinq tout en défendant l'idée de "groupes pionniers".

Le choix de la Hongrie par le président Chirac pour dissiper les malentendus qu'ont pu susciter, dans la région, sa politique européenne et sa déclaration du 17 février fustigeant les signataires de la lettre des "Huit" en faveur des américains, n'est pas neutre. L'Elysée estime, en effet, que la Hongrie a une vision de l'avenir de l'Europe proche de la France.

Rassurant d'abord, Jacques Chirac s'est fermement prononcé, devant le Parlement hongrois pour une Europe à Vingt-cinq : "Je sais les interrogations que suscite une Europe élargie quant à sa capacité à aller de l'avant. Je perçois également la crainte, chez certains, d'une Europe à deux vitesses. Je tiens à le dire solennellement : c'est une Europe à 25 que la France veut construire." a professé le Président français qui a également replacé l'Europe de la Défense dans le cadre de l'OTAN. Concernant les aspects financiers, Jacques Chirac a tenu à préciser que "Dans un cadre financier qui n'est pas extensible, la France veillera à ce que les arbitrages de l'Union soient rendus dans l'esprit de solidarité qui la fonde et que, à juste titre, vous attendez d'elle."

Entreprenant ensuite, le Président a voulu dessiner une Europe dynamique menée par des "groupes pionniers" destinés "à défricher, en éclaireurs, certains domaines où l'Europe peut s'intégrer davantage." Pour Jacques Chirac, l'existence de ces groupes pionniers n'entraînera pas une Europe à deux vitesses car ce ne sont pas toujours les mêmes pays qui participeront à ces groupes. Douze pays ont déjà une monnaie commune, treize font partie de l'Espace Schengen, trois autres domaines sont, selon le chef de l'Etat français, susceptibles de rassembler également un certain nombre d'Etats membres : la gouvernance économique de la zone euro, la justice et la sécurité, et la politique étrangère et la Défense. Petit à petit, prophétise Jacques Chirac, tous les pays de l'Union élargie emprunteront la voie tracée par les pionniers : "On voit bien que tout le monde va rejondre l'euro, et que tout le monde va rejoindre Schengen" a-t-il également déclaré.

(Source : Fenêtre sur l'Europe Rédacteur en chef : Jean-Michel Floc'hlay
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